Blanchet demande à Ottawa de plafonner puis réduire la production de pétrole

En conférence de presse à Longueuil vendredi après-midi, Yves-François Blanchet a affirmé qu’il est possible de plafonner «tout de suite» la production de pétrole au Canada.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne En conférence de presse à Longueuil vendredi après-midi, Yves-François Blanchet a affirmé qu’il est possible de plafonner «tout de suite» la production de pétrole au Canada.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet exige le plafonnement suivi de la réduction de la production de pétrole au Canada.

Il demande aussi au gouvernement qui sera élu le 20 septembre de ne plus autoriser de projet de transport de pétrole destiné à l’exportation.

En conférence de presse à Longueuil vendredi après-midi, M. Blanchet a affirmé qu’il est possible de plafonner « tout de suite » la production de pétrole au Canada, dans toutes les provinces productrices.

« On dit : on amorce un processus, où il va y avoir dans le temps une réduction progressive de la production de pétrole », a-t-il plaidé.

Mais comment faire alors que la consommation d’essence est en hausse au Canada ?

« Le rythme de réduction est fonction de la capacité réelle de faire des investissements de remplacement (dans d’autres technologies et énergies) », a-t-il dit, en rappelant que beaucoup de gouvernements se sont engagés à interdire la vente de véhicules avec des moteurs à combustion interne dans les prochaines décennies.

Selon lui, le fédéral a une « responsabilité » à assumer concernant la réduction des gaz à effet de serre (GES) et les changements climatiques.

Pas d’ultimatum climatique

Par ailleurs, le chef bloquiste a fait savoir vendredi qu’il n’ira pas jusqu’à paralyser le futur Parlement fédéral pour forcer le gouvernement à agir sur le front des changements climatiques.

Yves-François Blanchet a ainsi laissé entendre qu’il ne fera pas comme Québec solidaire (QS), qui avait menacé, avec un ultimatum, de faire obstruction aux travaux parlementaires si le gouvernement Legault ne déposait pas un plan crédible de lutte aux changements climatiques.

Pour parler des conséquences de la crise climatique, M. Blanchet a tenu sa conférence de presse à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, une municipalité qui avait été durement éprouvée par des inondations en 2019.

Le chef bloquiste a accusé le gouvernement Trudeau d’inaction en matière de lutte aux changements climatiques. Il lui a notamment reproché d’investir 10 milliards $ dans les énergies fossiles comme le pétrole.

Cependant, il refuse de faire pression sur le prochain gouvernement en faisant obstruction aux travaux de la Chambre. Il estime que le Parlement doit fonctionner et qu’on ne peut se priver de « l’outil ultime » de la démocratie.

« Je suis prêt à participer à des marches par solidarité, mais je ne suis pas prêt à remplacer le Parlement par des pancartes et des étendards. »

M. Blanchet dit ne pas voir de différence entre « nier les changements climatiques ou refuser d’agir pour contrer les changements climatiques », écorchant ainsi au passage conservateurs et libéraux.

Le « contrat »

Dans un autre ordre d’idée, le chef bloquiste a ridiculisé vendredi le « contrat » de son adversaire conservateur Erin O’Toole proposé aux Québécois.

S’il est élu le 20 septembre, le chef conservateur s’est engagé à donner plus de pouvoirs au Québec dans les 100 premiers jours de son mandat.

En conférence de presse vendredi à Saint-Marthe-sur-le-Lac, Yves-François Blanchet est revenu à la charge en soulignant qu’il faut d’abord en discuter et notamment se méfier des notes de bas de page dans le contrat.

« Si on veut utiliser le mot contrat, on commence par le négocier. M. O’Toole débarque au Québec, gros Jean comme devant, en disant : “j’ai un contrat à vous proposer”.»

Selon lui, « ça se pourrait que les Québécois ne le signent pas », parce qu’il comporterait beaucoup d’éléments qu’ils rejettent.

Depuis le début de la campagne, M. Blanchet fait régulièrement allusion à l’écart entre les opinions des Québécois et celles du Parti conservateur.

Il a rappelé l’appui des conservateurs aux industries pétrolières et leur réticence à lutter contre les changements climatiques. Mais il a également souligné que les conservateurs annuleraient l’entente par laquelle le fédéral s’engage à financer à hauteur de 6 milliards $ les services de garde au Québec.

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