Le NPD veut imposer une surtaxe de 20% aux acheteurs immobiliers étrangers

Devant un graphique «La crise du logement de Justin Trudeau», le chef néodémocrate a ramené cette élection à un choix entre les libéraux qui favorisent les «riches investisseurs» et les néodémocrates qui veulent faire sortir les grands capitaux du secteur de l’habitation.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Devant un graphique «La crise du logement de Justin Trudeau», le chef néodémocrate a ramené cette élection à un choix entre les libéraux qui favorisent les «riches investisseurs» et les néodémocrates qui veulent faire sortir les grands capitaux du secteur de l’habitation.

Le chef néodémocrate propose d’imposer une surtaxe de vente de 20 % aux étrangers qui achètent des maisons au Canada.

Jagmeet Singh a fait cette promesse mercredi dans la région métropolitaine de Vancouver, où le coût du logement a grimpé en flèche — bien au-delà de ce que de nombreuses familles à revenu moyen peuvent se permettre de payer.

En campagne à Burnaby, M. Singh a déclaré que cette mesure s’appliquerait à la vente de maisons à des personnes qui ne sont pas des citoyens canadiens ou des résidents permanents au Canada. Les néodémocrates reprennent en fait une promesse de leur campagne de 2019. Dans son budget du printemps dernier, le gouvernement libéral a proposé quant à lui une taxe annuelle et récurrente de 1 % sur la valeur des maisons qui appartiennent à des non-résidents, plutôt qu’une taxe de vente ponctuelle.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique impose déjà une taxe de 20 % lors de l’achat de maisons par des étrangers dans plusieurs régions de la province. Bien que cette taxe ait refroidi le marché à court terme lors de son introduction par les libéraux provinciaux en 2016, les prix ont quand même continué de grimper.

500 000 logements abordables

M. Singh, député sortant de Burnaby-Sud, a également promis mercredi qu’un gouvernement néodémocrate construirait 500 000 logements abordables en dix ans. Il ciblerait aussi le blanchiment d’argent et le crime organisé dans le secteur de l’habitation, en rendant plus difficile la dissimulation derrière des compagnies à numéro et en donnant plus de mordant aux régulateurs.

Le chef néo-démocrate a imputé la responsabilité des prix élevés des logements à Justin Trudeau, qui faisait également campagne en Colombie-Britannique mercredi. M. Singh accuse le chef libéral d’avoir laissé les loyers et les prix des maisons monter en flèche, de plus de 20 % en moins d’un an, à Vancouver. « Les choses ont tellement empiré au cours des six dernières années. Les gens ne peuvent pas trouver une maison qui est dans leur budget », a déclaré M. Singh, accompagné d’un jeune couple qui a bien du mal à trouver. « L’une des principales raisons, c’est que Justin Trudeau a laissé faire. »

Devant un graphique intitulé La crise du logement de Justin Trudeau, le chef néodémocrate a ramené cette élection à un choix entre les libéraux qui favorisent les « riches investisseurs » et les néodémocrates qui veulent faire sortir les grands capitaux du secteur de l’habitation.

Aux élections de 2019, les néodémocrates et les libéraux ont perdu du terrain aux dépens du Parti conserveur dans la région métropolitaine de Vancouver. Le PCC s’était alors emparé de la circonscription de Port Moody–Coquitlam, détenue par les néodémocrates, et avait raflé aux libéraux des circonscriptions clés, notamment South Surrey–White Rock, Cloverdale–Langley City et Steveston–Richmond East.

« une question de volonté »

Le gouvernement libéral a lancé en 2018-2019 une stratégie nationale sur le logement de plusieurs milliards de dollars sur dix ans. Le directeur parlementaire du budget a récemment conclu que les impacts de cette stratégie avaient été limités par des retards dans les programmes de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, l’expiration d’accords de logement communautaire avec les provinces et un virage vers des logements abordables plus chers.

Des militants pour le droit au logement estiment que la stratégie fédérale doit être reformulée, car elle ne fait pas assez pour aider les provinces à l’extérieur de l’Ontario.

M. Singh croit que c’est « une question de volonté » et que les autres partis ne désirent pas vraiment s’attaquer aux questions de logement. Mais il n’a pas répondu directement aux questions sur la façon dont les néodémocrates modifieraient les programmes existants pour s’assurer que les objectifs de logement que le gouvernement libéral n’a pas atteints le seraient sous sa gouverne.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il proposait une taxe ponctuelle sur l’achat de maisons par des étrangers plutôt qu’une taxe annuelle sur la valeur de ces maisons, comme l’ont proposé les libéraux, M. Singh a répondu que l’objectif n’était pas de créer une source de revenus pour le gouvernement, mais plutôt de décourager les acheteurs étrangers.

« Ce que nous voulons, c’est de sortir les grands capitaux du marché immobilier, a-t-il expliqué. Ces forces sont puissantes et elles font en sorte que les Canadiens qui veulent acheter une maison doivent concurrencer ceux qui utilisent le marché du logement comme un marché boursier. »

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