Campagne électorale jour 2: plateforme conservatrice, manne libérale et ambitions bloquistes

Relance, distanciation, PCU sont autant de sujets sur lesquels les candidats entendent se distinguer les uns des autres pour obtenir plus de sièges au parlement.
Photo: Justin Tang La presse canadienne Relance, distanciation, PCU sont autant de sujets sur lesquels les candidats entendent se distinguer les uns des autres pour obtenir plus de sièges au parlement.

Au deuxième jour de la campagne électorale fédérale, le chef conservateur n’avait toujours pas pris la route. Erin O’Toole était encore dans son studio à Ottawa pour dévoiler, lundi avant-midi, sa plateforme électorale.

Dans ces 162 pages, le parti promet de jeter aux poubelles le programme national de garderies offert par les libéraux et de le remplacer par un crédit d’impôt, parce qu’« on doit respecter les familles et leurs décisions », selon M. O’Toole. Il a aussi pour but, s’il est porté au pouvoir, de récupérer en un an un million d’emplois perdus à cause de la pandémie de COVID-19.

« Les libéraux, le Bloc, le NPD, les Verts n’ont pas de plan pour assurer la reprise économique après la pandémie », a lancé Erin O’Toole en brandissant le document, sur la couverture duquel il apparaît, les bras croisés et en t-shirt.

« Les conservateurs vont créer des emplois, augmenter les salaires, rétablir l’économie et équilibrer les finances publiques », a-t-il assuré.

Justin Trudeau, lui, s’est présenté dans une entreprise de Longueuil pour promettre que la manne gouvernementale continuera de pleuvoir, s’il est réélu.

« Nous avons appuyé les entreprises canadiennes au cours de cette période difficile, mais les conservateurs d’Erin O’Toole ont tenté de nous en empêcher », a déclaré le chef libéral dans le communiqué publié par son parti.

M. Trudeau a ainsi promis, entre autres, des subventions pour les salaires et les loyers des entreprises du secteur touristique pour « les aider à traverser l’hiver ».

Ambitions bloquistes

 

Le chef du Bloc québécois dit avoir ciblé un plus grand nombre de sièges que les 32 qu’il détient depuis 2019. « Je me plais à rêver à 40 », a confié le chef bloquiste sur les ondes de QUB radio.

Quelques minutes plus tard, en entrevue cette fois avec une émission radiophonique matinale de Radio-Canada, M. Blanchet a parlé à nouveau de ses ambitions pour le 20 septembre.

« Notre bataille à nous, c’est de s’assurer […] que le gouvernement ne soit pas majoritaire », a-t-il dit. « Les Québécois ont clairement dit qu’ils préfèrent [un gouvernement] minoritaire », estime le chef bloquiste.

Plus tard, en point de presse à Québec, M. Blanchet s’est inquiété du « recul » qu’une majorité libérale ferait subir au Québec et au « bilan » du Bloc québécois. « Qu’est-ce qui serait démantibulé de ce bilan si les libéraux étaient majoritaires ? », demandait-il.

« Le bilan du Bloc québécois, c’est le bilan du gouvernement libéral. […] Le Bloc essaie de se l’approprier », a rétorqué M. Trudeau, citant les investissements de son gouvernement au Québec pour les garderies, les logements et l’accès à Internet haute vitesse.

Les riches dans la mire du NPD

 

Le chef du Nouveau Parti démocratique promet que s’il prend le pouvoir, il remboursera aux contribuables les millions de dollars versés en primes aux p.-d.g des compagnies pendant la pandémie.

« Justin Trudeau a permis à ses amis privilégiés et aux grandes compagnies de se servir dans la Subvention salariale », a accusé Jagmeet Singh.

« Ils ont abusé du système. On va forcer ces compagnies de rembourser cet argent », a déclaré M. Singh pendant un arrêt de campagne à Toronto.

Faire campagne en pandémie

 

Sans nommer ses adversaires, Yves-François Blanchet a critiqué « les collègues » qui ont pris des bains de foule ou qui se sont trop approchés des citoyens, dimanche.

Jagmeet Singh a multiplié accolades et prises de photo pendant la marche de la fierté à Montréal, dimanche après-midi. Justin Trudeau, qui avait évité cet événement à cause, disait-on dans la campagne libérale, du risque de la foule, s’est retrouvé entouré de partisans en fin de journée dans les rues de sa circonscription de Papineau.

« Vous ne me verrez pas prendre des bébés […] et commencer à faire de photos avec ou faire des selfies la tête collée sur l’épaule de quelqu’un », a dit M. Blanchet au micro de QUB radio.

« Il y a une obligation de prudence, ne serait-ce que parce qu’il faut donner l’exemple. Et quand on est un parti qui dit “il faut aller en élections même en temps de pandémie”, il faut s’assumer et être prudent », a-t-il sermonné.

M. Trudeau a tenté de se justifier. « Il faut suivre les directives de santé publique. C’est pour ça qu’on est restés dans la rue, c’est pour ça que j’ai gardé le masque, c’est pour ça qu’on utilise le coude plutôt que le serrage des mains », a-t-il dit.

Notre couverture de la campagne électorale fédérale 2021

https://www.ledevoir.com/elections-federales-2021


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