Le Bloc lance sa campagne en condamnant un lancement d’«élections précipitées»

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a assuré que lui et son équipe seront très prudents au cours des prochaines semaines face à la montée des cas de COVID-19.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a assuré que lui et son équipe seront très prudents au cours des prochaines semaines face à la montée des cas de COVID-19.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a lancé dimanche sa campagne électorale à Montréal en reprochant à Justin Trudeau d’être « très irresponsable » en déclenchant un scrutin dans un contexte de pandémie qui en est à sa quatrième vague.

M. Blanchet s’est interrogé sur la décision de M. Trudeau au moment où son gouvernement souhaitait imposer la vaccination obligatoire pour les employés fédéraux.

« Si la menace est importante au point d’imposer la vaccination obligatoire, mais Dieu du ciel, n’est-ce pas trop dangereux pour aller aussi en campagne électorale ? N’est-ce pas une contradiction complète de la part du Parti libéral qui n’en est pas à la première ? », a affirmé le chef bloquiste en point de presse, environ une heure après le coup d’envoi officiel de la campagne.

Yves-François Blanchet a énuméré de nombreux sujets qui auraient été abordés durant une campagne électorale « normale » post-pandémique. Sa liste comportait entre autres l’environnement, l’aide aux aînés, la recherche pharmaceutique, la protection du modèle agricole québécois, les régions du Québec, le tourisme et la pénurie de main-d’œuvre.

« Mais au lieu de parler de tout ça, on va chaque jour analyser les chiffres du jour ; combien de nouveaux cas ? Combien d’hospitalisations ? Et, dramatiquement, combien de décès ? On va se demander chaque jour quelle organisation de campagne va être la première à avoir une éclosion de COVID. On va être rivé sur le quotidien plutôt que d’être porté par une vision d’avenir », a-t-il fait valoir.

M. Blanchet a d’ailleurs assuré que lui et son équipe seront très prudents au cours des prochaines semaines face à la montée des cas de COVID-19 en évitant notamment les câlins et les poignées de mains. Tout le monde qui l’accompagnera dans l’autocar de campagne est doublement vacciné, a-t-il indiqué.

Selon lui, le projet d’obtenir un gouvernement majoritaire de Justin Trudeau — que les électeurs refuseront de lui donner, estime-t-il — comporte un risque de faire perdre des gains au Québec, notamment au plan de la radiodiffusion, de la protection du français, de la laïcité de l’État, de la gestion de l’offre dans le milieu agricole et des transferts en santé.

Sous forme de question, le chef bloquiste a laissé entendre que la présence d’un fort contingent de bloquistes à la Chambre des communes a permis au gouvernement Legault d’avoir un rapport de force auprès d’Ottawa pour aller obtenir de l’argent.

Durant la campagne, le chef du Bloc a souhaité avoir une « vraie discussion sur un modèle économique d’avenir » qui permettrait de sortir de l’économie du pétrole en optant pour des énergies durables dont le Québec a une expertise. Le député sortant de Beloeil-Chambly a aussi évoqué que sa formation mènera une campagne où il sera question de nationalisme économique québécois, du français, de l’égalité des sexes et de liberté d’expression.

Malgré le mécontentement qui a traversé son parti récemment en raison de ses méthodes pour choisir certaines candidatures, M. Blanchet a dit que sa « machine roule à fond de train » et que « le financement est au rendez-vous ».

Des militants ont reproché au chef de suspendre les assemblées d’investiture et de « briser les principes démocratiques de René Lévesque ». M. Blanchet a rejeté la faute sur le chef libéral, affirmant que la tenue d’élections précipitées a obligé le Bloc québécois à sélectionner des candidats sans passer par des assemblées d’investiture. Il a soutenu avoir fait une application rigoureuse des règles du parti.

À la suite de son point de presse, M. Blanchet a pris part au défilé de la Fierté au centre-ville de Montréal, dimanche après-midi. Il s’est également adressé à des sympathisants réunis dans un petit parc du Village gai.

Il s’est livré à un plaidoyer souverainiste en élaborant sur son slogan de campagne, qui se limite à un seul mot, « Québécois ».

« Québécois, c’est un modèle de développement économique durable, à partir de l’énergie propre du Québec, des ressources des régions du Québec, des PME du Québec. C’est un modèle de développement très très québécois, et qui n’est pas canadien, en ceci que le Canada reste un État très pétrolier. Le Canada est un État presque voyou en matière environnementale. »

À voir en vidéo