Les Canadiens conviés aux urnes le 20 septembre

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Après avoir esquivé durant plusieurs semaines les questions sur le déclenchement d’une campagne électorale pour laquelle il se préparait activement, le premier ministre Justin Trudeau se rendrait à Rideau Hall dimanche pour demander à la gouverneure générale de dissoudre la Chambre des communes, ont rapporté jeudi différents grands médias canadiens.

Les prochaines élections générales du Canada auront lieu le 20 septembre 2021, selon plusieurs sources anonymes citées par La Presse canadienne, Reuters, le Globe and Mail et Radio-Canada–CBC. Il s’agit de la date à laquelle il était prévu que les parlementaires reviennent siéger à Ottawa.

Aucun autre parti fédéral ne souhaite le déclenchement d’une campagne électorale, au même moment où l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, affirme que le pays est maintenant entré dans une quatrième vague pandémique.

Élections anticipées

La loi canadienne ne force pas la tenue d’élections avant le 16 octobre 2023. Or, une campagne électorale peut quand même être déclenchée à tout moment jugé opportun par le premier ministre, qui n’a qu’à demander au gouverneur général de dissoudre le Parlement.

Un lundi est alors choisi comme date pour l’élection, suivant une campagne d’au minimum 37 jours (en comptant la date de déclenchement) et d’au maximum 51 jours, selon les règles établies en 2018. Le souvenir de l’élection de 2015 est encore frais, lors de laquelle le premier ministre Stephen Harper avait déclenché une très longue campagne électorale estivale de 78 jours, provoquant sa perte.

Justin Trudeau a passé une partie de l’été à annoncer de nouveau des fonds prévus au budget de 2021 dans différentes provinces et en compagnie de politiciens locaux. Il était par exemple à Montréal, le 5 août, pour réitérer, aux côtés du premier ministre François Legault, que le Québec allait être compensé à hauteur de 6 milliards de dollars pour sa part du programme fédéral de garderies subventionnées. Des ministres fédéraux ont également annoncé pas moins de six fois en juillet, dans autant de villes, les investissements prévus pour un train de VIA Rail à grande fréquence entre Québec et Toronto.

Au moins 27 députés ont déjà annoncé qu’ils ne se représenteraient pas aux prochaines élections, dont 12 libéraux, en prévision d’un scrutin en 2021. Tous les partis ont appuyé sur la pédale d’accélérateur pour recruter des candidats et préparer un scrutin estival, s’accordant par exemple le droit de nommer à partir de leur quartier général des candidats dans certaines circonscriptions.

Fluctuations en Chambre

Le Parti libéral du Canada (PLC) a fait élire 157 députés lors du dernier scrutin, qui s’est tenu le 21 octobre 2019. Il a subséquemment formé un gouvernement minoritaire, ce qui signifie qu’il avait besoin de l’appui d’au moins un parti d’opposition aux Communes pour faire adopter ses projets de loi. Il a par exemple bénéficié de l’appui du NPD lors du dernier discours du Trône et de celui du Bloc québécois pour le projet de loi C-10 sur la radiodiffusion, envoyé au Sénat à la toute dernière minute avant l’été.

Divers départs, démissions, renvois et deux élections partielles en 2020 ont fait diminuer le nombre de députés libéraux à 155. Le parti de Justin Trudeau fait le pari qu’il réussira à gagner au moins 15 circonscriptions de plus cette fois, pour atteindre une majorité au Parlement, à 170 députés sur 338.

Les libéraux avaient réussi à décrocher la victoire dans 184 circonscriptions lors des élections générales de 2015. Leur baisse en 2019 est attribuable à la perte de 14 sièges dans l’Ouest canadien (dont 6 en Colombie-Britannique), de 6 sièges en Atlantique, de 5 sièges au Québec, d’un siège en Ontario et d’un siège au Nunavut.

Bien que le Parti conservateur du Canada eût récolté plus de votes que le Parti libéral du Canada en 2019 (6,2 millions de votes contre 6 millions), la distribution géographique de ses appuis l’a cantonné dans le rôle d’opposition officielle, avec 121 élus. Le Bloc québécois a fait élire 32 députés aux Communes, soit plus de 40 % des sièges du Québec à Ottawa. Le Nouveau Parti démocratique compte 24 députés, dont un seul au Québec.

Avec La Presse canadienne

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