Le Canada accueillera les voyageurs américains complètement vaccinés dès minuit

Pour pouvoir entrer au pays, les voyageurs devront avoir reçu leur deuxième dose de vaccin au moins 14 jours avant leur arrivée et présenter la preuve d’un test négatif datant d’au plus 72 heures.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Pour pouvoir entrer au pays, les voyageurs devront avoir reçu leur deuxième dose de vaccin au moins 14 jours avant leur arrivée et présenter la preuve d’un test négatif datant d’au plus 72 heures.

À compter de 0 h 01, lundi, les voyageurs américains ayant été reçu deux doses d’un vaccin approuvé par Santé Canada seront autorisés à fouler le sol canadien.

Mais la réciprocité n’est pas vraie.

Pour pouvoir entrer au pays, ces voyageurs devront vivre aux États-Unis, avoir reçu leur deuxième dose de vaccin au moins 14 jours précédant leur arrivée et présenter la preuve d’un test négatif datant d’au plus 72 heures.

Ils peuvent aussi utiliser l’application ArriveCAN ou le portail Internet pour télécharger les renseignements de leur vaccination.

Denis Vinette, vice-président, Direction des voyageurs de l’Agence des services frontaliers du Canada, affirme qu’elle a beaucoup appris lorsque les citoyens canadiens adéquatement vaccinés ont été autorités à revenir au pays, le mois dernier.

M. Vinette raconte que 50 % d’entre eux ont été refusés au cours de la première semaine parce qu’ils n’avaient pas reçu l’un des quatre vaccins actuellement approuvés par Santé Canada.

« Nous avons constaté que de nombreux voyageurs pensaient à tort avoir rempli toutes les exigences de vaccination, explique-t-il. Primo, 14 jours ne s’étaient pas écoulés depuis qu’ils avaient reçu leur deuxième dose. Secundo, de nombreuses personnes ayant obtenu un autre vaccin que ceux de Santé Canada pensaient être exemptées des exigences de quarantaine. »

Santé Canada a donné le feu vert à quatre vaccins : Pfizer-BioNTech, Moderna, le Oxford-AstraZeneca et le Johnson & Johnson à dose unique.

« Nous avons eu beaucoup de personnes qui n’avaient pas une compréhension complète de ce qui était autorisé et de ce qui ne l’était pas, mentionne M. Vinette. Je m’attends à la même chose, mais comme les vaccins administrés aux États-Unis sont approuvés par les autorités canadiennes, je m’attends à ce que soit un problème moins important. »

Pas de réciprocité

Les États-Unis, eux, ne savent pas quand ils commenceront à assouplir leurs propres restrictions imposées aux voyageurs canadiens non essentiels aux postes frontaliers. Les voyageurs prenant l’avion et le bateau en sont exonérés.

La Maison-Blanche a déclaré la semaine dernière qu’elle étudiait la possibilité d’exiger des visiteurs qu’ils soient entièrement vaccinés, même si cela n’est pas encore clair si cela inclut les Canadiens.

Les États-Unis ont maintenu des restrictions strictes pour un certain nombre de visiteurs étrangers venant de la Chine, de l’Inde, de l’Irlande, de l’Iran, de l’Afrique du Sud, du Brésil et des 26 pays européens de la zone Schengen.

Habituellement, le Canada et le Mexique sont généralement considérés comme une catégorie à part, notamment à cause des liens commerciaux étroits entre les trois pays. Les visiteurs canadiens et mexicains n’ont pas besoin de passer par une entreprise privée pour entrer aux États-Unis.

Les observateurs perçoivent un certain malaise au sein de l’administration Biden à l’idée de permettre aux voyageurs canadiens de revenir aux États-Unis sans donner la même possibilité aux Mexicains. La situation des réfugiés potentiels représente toujours un défi à la Maison-Blanche.

Les voyageurs entrant au Canada à partir des États-Unis devront faire preuve de patience, étant donné la possibilité que de nombreuses personnes soient refoulées.

« [Les personnes] n’ayant pas la totalité des renseignements requis se verront refuser l’entrée au pays. Elles seront simplement renvoyées aux États-Unis, puis elles pourront se conformer à toutes les exigences, puis tenter de rentrer de nouveau. »

Les voyageurs arrivant par avion peuvent également s’attendre à des retards.

À l’aéroport international Peason de Toronto, l’un des quatre au pays acceptant l’arrivée de vols en provenance de l’étranger, on a déjà prévenu les voyageurs que l’attente pourrait dépasser les trois heures.

Les Canadiens sont de plus en plus à l’aise à voyager en avion, ce qui signifie un plus grand nombre de voyageurs dans les aéroports. Ceux-ci sont tous confrontés à des contrôles de sécurité et de santé accrus, dit une porte-parole, Beverly MacDonald.

« Il existe une variété de facteurs qui ont des répercussions sur le temps d’attente à l’arrivée, notamment un examen médical supplémentaire en raison des exigences du gouvernement, le statut de vaccination, le traitement de l’immigration, plusieurs vols pouvant arriver en même temps… », énumère-t-elle.

Pearson a vu presque le double du nombre de passagers au deuxième trimestre par rapport aux mêmes mois en 2020 – bien que sa moyenne quotidienne de 11 500 soit largement inférieure à celle de 2019 qui s’élevait à 140 000.

L’aéroport international Montréal-Trudeau voit le nombre d’arrivée augmenter de mois en mois. Ainsi, sa moyenne en juin ne représentait que 10 % de celle de 2019, mais elle est grimpée à 20 % en juillet et s’attend à un autre bond à 30 % en août.

« Même si nous sommes habitués à accueillir un nombre beaucoup plus important de passagers dans nos installations, il y a des temps d’attente plus longs à prévoir notamment aux arrivées internationales, selon l’heure de la journée », indique une porte-parole Anne-Sophie Hamel.

Le gouvernement fédéral prévoit actuellement d’autoriser les visiteurs vaccinés provenant des autres pays que les États-Unis de venir au Canada pour des raisons non essentielles à compter du 7 septembre.



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