Grève du zèle des douaniers à l’horizon dans tout le pays

L’Agence des services frontaliers a indiqué dans un courriel que 90% des travailleurs frontaliers de première ligne sont désignés comme «essentiels» et continueront donc d’offrir des services en cas de grève.
Photo: Lars Hagberg La Presse canadienne L’Agence des services frontaliers a indiqué dans un courriel que 90% des travailleurs frontaliers de première ligne sont désignés comme «essentiels» et continueront donc d’offrir des services en cas de grève.

Environ 9000 employés de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) se préparent à déclencher vendredi une grève du zèle à travers tout le pays. Les voyageurs devront s’attendre à de longues files d’attente aux postes frontaliers et aux aéroports, préviennent déjà les syndiqués.

L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et son Syndicat des douanes et de l’immigration ont indiqué qu’ils avaient signalé un avis de débrayage au gouvernement mardi. Si aucune entente n’est conclue d’ici vendredi 6 h, les douaniers canadiens entameront une grève du zèle « dans tous les aéroports canadiens, aux postes frontaliers terrestres, aux points d’entrée commerciaux, aux établissements postaux et à l’administration centrale ».

Recours épuisés

« Ce n’est vraiment pas ce qu’on espérait, mais on a épuisé tous nos recours pour conclure une entente juste et équitable avec le gouvernement », a indiqué dans un communiqué Chris Aylward, président national de l’AFPC. « Pendant les pourparlers, le Conseil du Trésor et l’ASFC étaient très clairs : ils n’étaient pas prêts à régler d’importants problèmes au sein du milieu de travail », a-t-il dénoncé.

L’Agence des services frontaliers a indiqué dans un courriel que 90 % des travailleurs frontaliers de première ligne sont désignés comme « essentiels » et continueront donc d’offrir des services en cas de grève. L’ASFC « réagira rapidement à toute intervention / interruption de travail afin de maintenir la sûreté et la sécurité de notre frontière, d’assurer le respect de nos lois et de garder la frontière ouverte aux voyageurs et aux marchandises légitimes », a précisé la porte-parole Jacqueline Callin.

Ce n’est vraiment pas ce qu’on espérait, mais on a épuisé tous nos recours pour conclure une entente juste et équitable avec le gouvernement

 

Les Américains au pays

Ces moyens de pression surviennent alors que le Canada se prépare à autoriser les Américains entièrement vaccinés à entrer au pays sans se placer en quarantaine à compter du 9 août. De même, le Canada ouvrira ses frontières le 7 septembre aux voyageurs d’autres pays qui seront adéquatement immunisés.

Le Syndicat des douanes et de l’immigration représente 5500 agents des services frontaliers, 2000 employés au siège social et d’autres travailleurs, notamment dans les installations de Postes Canada.

Ils sont sans contrat de travail depuis environ trois ans. Le Syndicat souhaite obtenir pour ses membres des conditions similaires à celles des autres fonctionnaires chargés de l’application de la loi à travers le Canada, et veut s’attaquer à une culture de travail « toxique ».

Les membres du Syndicat ont voté le mois dernier pour déclencher une grève dès vendredi si les deux parties ne parviennent pas à un accord, ce qui a incité la partie patronale à accepter de retourner à la table de négociation.

Le Syndicat a déclaré qu’une commission de l’intérêt public, qui a été formée lorsque les deux parties en sont arrivées à une impasse, a défini à la fin juillet une série de mesures que les deux parties devraient explorer à l’avenir.

Ces mesures, a déclaré le Syndicat, comprennent l’amorce de discussions sur un droit à une pause repas payée, des séances d’entraînement au maniement des armes à feu rémunérées, une indemnité de conditionnement physique, et de nouvelles protections pour le personnel concernant les mesures disciplinaires. 

Le Syndicat a également déclaré que le rapport de la commission encourageait les parties à négocier des droits plus élargis liés à l’ancienneté et aux horaires, des paramètres concernant le travail des étudiants, des dispositions qui assurent que les agents ne travaillent pas seuls et une standardisation de la procédure de règlement des griefs.

« Nous avons servi la population canadienne tout au long de la pandémie, assurant la sécurité de nos frontières, faisant le dépistage des voyageurs et traitant les cargaisons de vaccins », a indiqué Mark Weber, président national du Syndicat des douanes et de l’immigration. « C’est le temps que le gouvernement s’occupe de nos membres. »

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