La moitié des Québécois ont confiance en Trudeau et en sa gestion de la pandémie

Selon Philippe J. Fournier, un taux de confiance oscillant autour de 50% serait «tout à fait acceptable» pour Justin Trudeau, puisqu’il surpasse les intentions de vote pour son parti, qui se situent actuellement autour de 35% au Québec.
Photo: Christopher Katsarov La Presse canadienne Selon Philippe J. Fournier, un taux de confiance oscillant autour de 50% serait «tout à fait acceptable» pour Justin Trudeau, puisqu’il surpasse les intentions de vote pour son parti, qui se situent actuellement autour de 35% au Québec.

Alors que les préparatifs en vue du déclenchement d’une campagne électorale fédérale d’ici l’automne vont bon train, une série de sondages commandés par le gouvernement Legault montre que seulement un Québécois sur deux fait confiance au premier ministre Justin Trudeau pour sa gestion de la pandémie de COVID-19.

Le gouvernement du Québec a publié mardi une série d’enquêtes d’opinion réalisées au Québec depuis mai 2020 sur le thème de la crise sanitaire. À partir de l’automne, il s’est permis de mesurer la cote de popularité de plusieurs acteurs politiques, dont le premier ministre du Canada. Celui-ci a constamment obtenu la plus basse note parmi les personnes listées, rivalisant avec le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge, au fond du classement.

« Justin Trudeau est la personnalité qui inspire le moins confiance », peut-on lire dans une analyse datée du 3 novembre. 51 % des répondants sondés par la firme SOM faisaient alors « assez » ou « très » confiance au premier ministre dans la gestion de la crise.

La cote de confiance de Justin Trudeau a plafonné à 56 % pour la suite, avant de redescendre à 53 % à la mi-juin 2021, les dernières données disponibles. « Les citoyens de la région de Québec et les francophones comptent moins sur Justin Trudeau pour gérer la crise », note le sondeur en décembre, au plus fort de la confiance envers M. Trudeau.

Quelques mois plus tard, fin février 2021, seulement 45 % des Québécois accordaient leur confiance au chef de gouvernement à Ottawa. « En ralliant moins de la moitié de la population, Justin Trudeau fait pâle figure comparativement à ses consœurs, la Dre Theresa Tam et Chrystia Freeland », résume alors le rapport.

Une bonne nouvelle pour Trudeau, malgré les apparences

Les données compilées par Québec ne reflètent pas pour autant un déficit important de popularité envers Justin Trudeau, estime Philippe J. Fournier, professeur de sciences et blogueur spécialisé en sondages. « Si je suis un premier ministre libéral qui veut aller en élections et que le taux de satisfaction et de confiance est à 50 %, je suis content », tranche-t-il.

Selon le fondateur du site Qc125, il serait injuste de le comparer à son homologue provincial, qui obtient constamment de bons taux d’approbation quant aux mesures prises durant la pandémie. Un taux de confiance oscillant autour de 50 % serait ainsi « tout à fait acceptable » pour le premier ministre canadien, puisqu’il surpasse les intentions de vote pour son parti, qui se situent actuellement autour de 35 % au Québec.

« Ce que vous voulez est surtout que les gens qui votent pour vous approuvent votre gestion de la pandémie », ajoute le sondeur d’Ottawa Frank Graves, fondateur de la firme EKOS. Selon lui, les données sur la confiance envers le premier ministre Justin Trudeau « ne sont pas de mauvais chiffres [pour lui], ils sont en fait très bons. Ils paraissent juste peut-être moins bons à cause du fait qu’ils sont comparés aux chiffres de la province. »

Une fermeture des frontières bien populaire

La relative faible confiance envers Justin Trudeau contraste avec l’appui massif des Québécois envers sa politique de restriction des voyages internationaux, du moins en début d’année.

Des sondages menés en janvier et février 2021 montrent que 9 Québécois sur 10 étaient d’accord avec l’obligation d’effectuer une quarantaine dans un hôtel désigné au moment de revenir au pays. Plus encore : la même proportion de répondants se serait rangée derrière une interdiction pure et simple de voyager hors du pays.

« Les hommes et les universitaires sont moins convaincus face à l’idée d’interdire tout voyage international en vue de contrôler la propagation de la COVID-19 », nuance toutefois le sondeur.

Ottawa n’est jamais allé plus loin que de déconseiller tout voyage à l’étranger aux Canadiens tout en imposant une série de strictes mesures à leur retour. L’obligation de passer trois nuits dans un hôtel approuvé par le gouvernement a pris fin le 5 juillet pour les voyageurs vaccinés, et sera chose du passé pour tous les voyageurs à compter du 9 août.

Selon les documents rendus publics discrètement par Québec mardi, SOM a sondé quotidiennement ou plusieurs fois par semaine un panel constitué d’internautes recrutés par téléphone, entre mai 2020 et juin 2021. Les données ont été pondérées pour mieux refléter la population québécoise.

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