Ouverture des frontières: un effet de rattrapage limité aux «marchés frontaliers»

«Au niveau de la clientèle internationale, c’est sûr qu’on va peut-être être capable de récupérer un peu de voyages à l’automne», suppose la directrice générale de l’Association des agences réceptives et forfaitistes.
Photo: Peter Power La Presse canadienne «Au niveau de la clientèle internationale, c’est sûr qu’on va peut-être être capable de récupérer un peu de voyages à l’automne», suppose la directrice générale de l’Association des agences réceptives et forfaitistes.

La réouverture des frontières canadiennes provoquera un effet de rattrapage limité aux « marchés frontaliers », estime la directrice générale de l’Association des agences réceptives et forfaitistes, Marilyn Désy, puisque « les gens ne réservent pas des voyages internationaux à la dernière minute ».

« Au niveau de la clientèle internationale, c’est sûr qu’on va peut-être être capable de récupérer un peu de voyages à l’automne », suppose-t-elle, quelques heures après l’annonce d’Ottawa. « Mais, ça ne sera jamais comme nos mois habituels de septembre et d’octobre. »

Ceci dit, ils sont nombreux à accueillir la nouvelle avec soulagement, notamment parmi les expatriés séparés depuis des mois de leurs proches coincés outre-mer.

Par exemple, de nombreux Français réserveront des billets d’avion dans les prochains jours dans l’espoir de revoir leurs proches, atteste la coordinatrice de l’Union Française de Montréal, Géraldine Forestier. Elle-même a déjà réservé un vol en septembre pour sa mère après une séparation qui s’éternise depuis février 2020. « Ça va apaiser pas mal la communauté française », se réjouit Mme Forestier. « Il ne faut pas oublier qu’il y a des enfants qui sont nés pendant la pandémie et donc, qu’il y a des grands-parents qui n’ont jamais rencontré leurs petits enfants. »

« Surtout qu’en France, poursuit-elle, on continuait à accepter les Québécois et il y avait une frustration sur le fait que ça ne marchait pas dans l’autre sens. »

Le Canada doit aussi s’attendre à recevoir plusieurs Américains sur son territoire. Une Québécoise résidant aux États-Unis, Nicole Marie, confie au Devoir qu’elle entrera au Canada avec son mari et ses enfants américains le jour même de la réouverture des frontières. La nouvelle réglementation réjouit ainsi les familles binationales comme la sienne, bien que la consigne d’isoler les enfants « doit déranger énormément de familles qui descendent et doivent placer les enfants à la garderie ou dans les camps de jour. Ça doit être très décevant pour eux. »

La voie demeure toujours fermée aux Canadiens qui se rendent en voiture au sud de la frontière. Les férus d’escapades routières, eux, rongent donc toujours leur frein. Les snowbirds aussi devront patienter avant de circuler aisément des deux côtés de la frontière. Julie La Roche, qui voyage depuis un an entre le Québec et la Floride, estime que « ça ne change rien du tout » pour la communauté d’exilés au Sunshine State. « Je ne m’attends pas à ce que Joe Biden rouvre les frontières bientôt. On a appris à vivre sans. On va y aller en avion. »

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