Le conservateur Steven Blaney quitte la politique fédérale

Steven Blaney jouit d’une grande notoriété dans sa circonscription de Bellechasse–Les Etchemins–Lévis, qu’il représente à la Chambre des communes depuis 2006. Il a été élu avec 50% des voix en 2019.
Photo: David Kawai La Presse canadienne Steven Blaney jouit d’une grande notoriété dans sa circonscription de Bellechasse–Les Etchemins–Lévis, qu’il représente à la Chambre des communes depuis 2006. Il a été élu avec 50% des voix en 2019.

L’ancien ministre conservateur et député de longue date Steven Blaney tire sa révérence. L’élu de la région de Québec ne sera pas candidat lors de la prochaine élection fédérale, attendue dans quelques semaines. Un départ qui représentera une grosse perte pour le Parti conservateur.

C’est « non sans un pincement au cœur, mais après mûre réflexion » que Steven Blaney a annoncé jeudi qu’il quittera la politique fédérale au terme de son mandat. « Je suis maintenant prêt à écrire un nouveau chapitre de ma vie et à relever d’autres défis », a expliqué le député, en remerciant par voie de communiqué ses électeurs et en se disant « fier des réalisations » de ses 15 années sur la scène fédérale.

M. Blaney jouit d’une grande notoriété dans sa circonscription de Bellechasse–Les Etchemins–Lévis, qu’il représente à la Chambre des communes depuis 2006. Il a été élu avec 50 % des voix en 2019, avec 17 500 votes de plus que le candidat bloquiste ; il s’agissait de la plus importante majorité pour le Parti conservateur au Québec.

Le départ de cet ancien ministre laissera un grand vide, ont observé plusieurs conservateurs sur les réseaux sociaux.

Cela représente toutefois également une belle occasion pour les conservateurs de recruter un candidat de taille, puisque Bellechasse–Les Etchemins–Lévis est probablement la circonscription la plus sûre pour le parti. Le site d’agrégation de sondages Québec 125 accordait 46 % des intentions de vote à M. Blaney pour la prochaine élection, loin devant le Bloc québécois (24 %) et le Parti libéral (18,5 %), ainsi que le NPD (5,2 %), le Parti vert (4,2 %) et le Parti populaire de Maxime Bernier (1,1 %).

« Un beau terreau bleu »

Les conservateurs québécois conviennent toutefois que rien n’est garanti dans cette circonscription située au sud de Québec.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet jouit d’une bonne popularité au Québec ces temps-ci, avec près de 30 % des intentions de vote à l’échelle de la province, non loin derrière le Parti libéral, à 36 %, et devant le Parti conservateur, à 16 %, selon l’agrégateur de sondages de la CBC. Et le Bloc représente l’adversaire principal des conservateurs au Québec : les bloquistes sont arrivés deuxièmes dans toutes les circonscriptions remportées par le Parti conservateur il y a deux ans — à l’exception de la Beauce, où c’est l’ancien conservateur devenu chef de son Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, qui s’est classé deuxième.

« Personne ne tient rien pour acquis », reconnaissait-on dans les coulisses conservatrices jeudi. « Mais il y a un bon fond bleu dans le comté. » La région de Bellechasse–Les Etchemins–Lévis est représentée par la Coalition avenir Québec au provincial.

Au fil de ses 15 années au Parlement fédéral, Steven Blaney a été ministre des Anciens Combattants, de la Francophonie et de la Sécurité publique au sein du gouvernement de Stephen Harper entre 2011 et 2015. Il a également été de la course à la succession de son ancien patron en 2017, terminant au 9e rang parmi les 14 candidats. M. Blaney avait notamment misé sur la question identitaire lors de sa campagne, en proposant d’exiger le visage découvert non seulement lors du vote et du serment de citoyenneté — comme d’autres conservateurs l’ont proposé —, mais également à tous les fonctionnaires fédéraux.

Steven Blaney est l’un des derniers députés (avec Jacques Gourde, dans Lévis–Lotbinière) à avoir été élus lors de l’arrivée des troupes de Stephen Harper au pouvoir en 2006. Il ne faisait cependant pas partie du cabinet fantôme d’Erin O’Toole depuis un an.

Il semble peu probable pour l’instant, selon les sondages, que les conservateurs remportent l’élection cet automne. M. Blaney aurait donc été condamné à passer un autre mandat sur les banquettes de l’opposition.

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