Trudeau se défend de faire déjà campagne

Le premier ministre était à Sault-Sainte-Marie, en Ontario, pour annoncer une aide financière qui permettra à l’aciérie Algoma Steel de cesser d’utiliser du charbon.
Photo: Gino Donato La Presse canadienne Le premier ministre était à Sault-Sainte-Marie, en Ontario, pour annoncer une aide financière qui permettra à l’aciérie Algoma Steel de cesser d’utiliser du charbon.

Alors qu’on s’attend au déclenchement d’élections fédérales en août, Justin Trudeau se défend d’utiliser l’argent des contribuables pour faire des annonces qui pourraient servir à sa réélection.

Lundi, le premier ministre était à Sault-Sainte-Marie, en Ontario, pour annoncer une aide financière qui permettra à l’aciérie Algoma Steel de cesser d’utiliser du charbon. L’annonce s’élève à 420 millions de dollars.

Tout en niant en faire un exercice politique, il n’a pas hésité à lancer une attaque partisane.

« Contrairement à certains, comme le Parti conservateur, nous avions toujours compris que lutter contre les changements climatiques, c’est une occasion pour créer de bons emplois et de la prospérité économique », a-t-il offert en guise de réponse à un journaliste qui lui demandait de quantifier l’impact de cette annonce pour l’atteinte de l’objectif de carboneutralité en 2050.

Puis, aux questions qui lui réclamaient de justifier l’utilisation de fonds publics pour s’embarquer dans une éventuelle tournée d’annonces, M. Trudeau a souligné que son gouvernement offre ce genre d’aide depuis son arrivée au pouvoir il y a six ans. « Cette annonce aujourd’hui suit une série d’annonces qu’on fait depuis des mois », a-t-il insisté, donnant en exemple l’aide accordée à Lion Électrique en mars dernier pour la construction d’une usine de batteries électriques à Saint-Jérôme.

Le premier ministre a indiqué que l’argent destiné à Algoma Steel a été débloqué par l’adoption récente du budget fédéral, geste que le Parlement a posé avant la suspension des travaux pour l’été.

Rien n’oblige Justin Trudeau à déclencher des élections à la fin de cet été ; son gouvernement minoritaire ne risque pas de tomber quand les Communes ne siègent pas. Les libéraux peuvent cependant calculer qu’une majorité serait à portée de main, vu la faiblesse dans les sondages de leurs opposants conservateurs et néodémocrates en ce moment.

Les chefs en tournée

Comme il est d’usage lorsque les Communes ne siègent pas, les chefs des grands partis politiques se montrent aux quatre coins du pays — un peu plus facilement cet été grâce au ralentissement de la pandémie.

Ainsi, le chef bloquiste Yves-François Blanchet est en tournée sur la Côte-Nord cette semaine. Il doit y rencontrer des leaders autochtones et des élus municipaux. Au programme également : des visites d’entreprises locales.

De Burnaby, en Colombie-Britannique,où il tenait une conférence de presse virtuelle lundi, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a quant à lui affiché sa tiédeur devant la perspective d’élections. « Je pense que ce ne serait pas nécessaire et que ce serait irresponsable, étant donné que nous sommes encore en pandémie », a-t-il fait valoir. « Non seulement nous avons besoin de nous assurer que tout le monde est vacciné, mais nous devons aussi attendre un certain temps pour nous assurer qu’une fois tout le monde vacciné, le nombre de cas aura baissé et restera bas. »

L’appétit pour des élections est tout aussi faible chez les conservateurs. « Il est clair depuis longtemps que Justin Trudeau se cherche des excuses pour déclencher des élections risquées pour cacher qu’il était malheureusement en retard sur nos alliés à chaque étape de la pandémie, que ce soit pour la fermeture des frontières ou bien pour la vaccination », a commenté le Parti conservateur, dans une déclaration transmise par courriel et attribuée au chef, Erin O’Toole.

Le chef conservateur n’a annoncé la tenue d’aucun événement public cette semaine, pour le moment.

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