Les nouveaux véhicules vendus en 2035 devront être électriques

Le gouvernement a déjà versé au moins 600 millions en rabais à l’achat de véhicules électriques.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le gouvernement a déjà versé au moins 600 millions en rabais à l’achat de véhicules électriques.

Le gouvernement libéral devance l’échéancier pour en arriver à ce que tous les nouveaux véhicules légers vendus au Canada soient électriques.

Le ministre des Transports, Omar Alghabra, a annoncé mardi que, d’ici 2035, toutes les voitures et tous les camions légers à passagers vendus au pays devront être des véhicules zéro émission. L’objectif avait été précédemment fixé à 2040.

Le ministre Alghabra a notamment fait référence à un rapport de l’Agence internationale de l’énergie selon lequel pratiquement tous les nouveaux véhicules légers devront être électriques pour que l’on puisse atteindre l’ultime objectif d’émissions nettes nulles d’ici le milieu du siècle.

Le Canada s’est engagé à avoir une économie carboneutre d’ici 2050 en visant la cible de zéro émission de gaz à effet de serre ou en compensant ces émissions par diverses mesures.

« Notre objectif est ambitieux, sans aucun doute, mais c’est un incontournable, a soutenu le ministre Alghabra à propos du nouvel échéancier. Nous pensons que c’est faisable. Il faut de la détermination, il faut de la concentration, il faut des efforts. »

M. Alghabra a indiqué que le gouvernement a déjà versé au moins 600 millions en rabais à l’achat de véhicules électriques dans l’espoir d’augmenter le nombre de voitures zéro émission sur les routes.

Programmes élargis

« Nous savons que nous devons faire plus », a dit le ministre fédéral, expliquant que le programme sera élargi, bien qu’il n’ait pas fourni de montant précis.

Ottawa veut investir dans d’autres rabais aux consommateurs, des bornes de recharge, des allégements fiscaux pour les entreprises et les coûts de transition de l’industrie.

Le programme existant offre aux acheteurs une subvention pouvant aller jusqu’à 5000 $ ou 2500 $. Les concessionnaires peuvent ensuite réclamer un remboursement pour l’incitatif offert aux consommateurs.

L’automne dernier, des responsables du gouvernement ont toutefois souligné que cette mesure serait insuffisante à elle seule pour atteindre le premier objectif fixé d’augmenter la part de marché de ces véhicules à 10 % d’ici 2025.

Le ministre de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, a expliqué que, pour atteindre cet objectif plus ambitieux et « obligatoire », le Canada entend travailler avec les États-Unis « pour harmoniser les normes d’émissions de gaz à effet de serre basées sur le rendement ».

Des consultations auront lieu sur de nouvelles mesures réglementaires. Celles-ci incluent l’introduction d’un éventuel mandat qui obligerait l’industrie automobile à construire ou à vendre plus de véhicules électriques, ce qui, selon les défenseurs de technologie non polluante, contribue à garantir une offre plus importante lorsque les consommateurs sont à la recherche d’une nouvelle voiture.

Politiques publiques nécessaires

La conseillère principale en politiques chez Clean Energy Canada, Joanna Kyriazis, a souligné que les véhicules électriques représentent environ de 3 à 4 % des ventes de voitures au pays, une proportion loin de la cible de 10 % en 2025.

Les ventes de véhicules électriques en France, au Royaume-Uni et en Allemagne ont connu un grand bond, a indiqué Mme Kyriazis.

Selon elle, cela démontre que le nouvel objectif d’Ottawa doit être accompagné de politiques prévoyant une plus grande disponibilité de ces véhicules chez les concessionnaires, davantage d’infrastructures de recharge et des incitatifs destinés aux camions et VUS électriques.

Dans un communiqué, les Constructeurs mondiaux d’automobiles du Canada ont déclaré que l’industrie partageait l’objectif du gouvernement d’« éliminer le carbone », mais l’association juge que l’annonce manquait de détails sur la façon de passer à 100 % de ventes de voitures à zéro émission d’ici 2035.

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