«C’était une vérité trop souvent niée. Plus maintenant.»

«Si nous ne pouvons pas ramener ceux que nous avons perdus, nous pouvons faire connaître la vérité sur les torts qu’ils ont subis — et nous le ferons. Nous honorerons à jamais leur mémoire», a assuré Justin Trudeau.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne «Si nous ne pouvons pas ramener ceux que nous avons perdus, nous pouvons faire connaître la vérité sur les torts qu’ils ont subis — et nous le ferons. Nous honorerons à jamais leur mémoire», a assuré Justin Trudeau.

La découverte de 751 tombes anonymes près de l’ancien pensionnat de Marieval, en Saskatchewan, a de nouveau plongé la classe politique dans un état de choc jeudi, moins d’un mois après que la Première Nation de Tk’emlúps te Secwépemc eut fait état des résultats de ses propres fouilles, qui ont permis de repérer les restes de 215 enfants.

« Aucun enfant n’aurait dû être arraché à sa famille et à sa communauté et privé de sa langue, de sa culture et de son identité. Aucun enfant n’aurait dû passer sa précieuse jeunesse soumis à une terrible solitude et à des abus. Aucun enfant n’aurait dû passer ses derniers instants dans un endroit où il vivait dans la peur, sans jamais revoir ses proches. Et aucune famille n’aurait dû être privée des rires et de la joie de ses enfants qui s’amusent, et de la fierté de les voir grandir au sein de leur communauté », a affirmé le premier ministre Justin Trudeau dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux.

« La découverte de 751 tombes anonymes près de l’ancien pensionnat de Marieval [Cowessess] n’a fait qu’aggraver la douleur ressentie par les familles, les survivants et les peuples autochtones. C’était une vérité trop souvent niée. Plus maintenant », a ajouté le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller.

« Mon cœur est avec les survivants, les familles, la Première Nation de Cowessess et toutes les communautés autochtones à travers le Canada. Ceci est une nouvelle tragique et épouvantable », a aussi écrit la ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, dans un message publié sur Twitter.

Au Québec, le premier ministre François Legault a interrompu une série de publications sur la fête nationale pour partager un article sur la découverte de Cowessess. « Quelle nouvelle choquante et triste », a-t-il écrit. « D’une tristesse absolue. 751 petits êtres de lumière », a ajouté le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière. « 751 », a tout simplement écrit la cheffe libérale, Dominique Anglade, en accompagnant son tweet d’un cœur brisé.

« Si l’on avait encore besoin d’être convaincu, après les conclusions de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées, que le mot “génocide” est pertinent, nous en avons aujourd’hui un autre exemple accablant, a déclaré Manon Massé, de Québec solidaire. Cette découverte est d’une horreur innommable, mais malheureusement, elle risque de ne pas être la dernière. »

« Au-delà des mots »

Le chef conservateur, Erin O’Toole, a quant à lui dit reconnaître « le profond chagrin et le deuil » que vivent les Autochtones et les survivants des pensionnats. « Cette découverte est un sombre rappel qu’il reste encore beaucoup de travail à faire pour remédier aux effets dévastateurs et néfastes que les pensionnats autochtones ont provoqués chez de nombreux survivants », a-t-il écrit dans un communiqué.

Yves-François Blanchet, du Bloc québécois, a quant à lui écrit sur Twitter que « la déjà trop longue séquence de découvertes si tristes, de deuils lourds et sombres, ne devra jamais émousser notre compassion, notre solidarité et notre désir de vérité et de justice ».

De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a pris la parole pour déplorer cette découverte et sommer le gouvernement fédéral d’aller « au-delà des mots et des condoléances » en finançant les recherches que souhaiteraient mener d’autres communautés autochtones sur les sites d’anciens pensionnats.

« C’est la faute du gouvernement fédéral. C’est la faute du Canada. […] Donc, le gouvernement fédéral a une responsabilité de financer les autres communautés qui décident de poursuivre les investigations », a affirmé M. Singh, appelant également le gouvernement de Justin Trudeau à mettre en œuvre toutes les 94 recommandations de la Commission de vérité et réconciliation, qui s’est penchée sur les pensionnats autochtones.

Justin Trudeau a aussitôt acquiescé à la première demande du chef néodémocrate. « Le gouvernement va continuer à fournir aux communautés autochtones de tout le pays le financement et les ressources dont elles ont besoin pour faire la lumière sur ces terribles injustices », a promis le premier ministre par voie de communiqué.

« Si nous ne pouvons pas ramener ceux que nous avons perdus, nous pouvons faire connaître la vérité sur les torts qu’ils ont subis — et nous le ferons. Nous honorerons à jamais leur mémoire », a-t-il assuré, en exprimant sa « tristesse immense » ressentie pour la Première Nation de Cowessess et toutes les autres communautés autochtones du Canada.

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