Une statue d’un architecte des pensionnats autochtones déboulonnée à Toronto

Egerton Ryerson a été au XIXe siècle l’un des architectes du système des pensionnats autochtones dont l’histoire tragique a refait surface fin mai après l’annonce par la communauté de Tk’emlúps te Secwépemc de la découverte de 215 dépouilles d’enfants autochtones. 
Photo: Chris Young La Presse canadienne Egerton Ryerson a été au XIXe siècle l’un des architectes du système des pensionnats autochtones dont l’histoire tragique a refait surface fin mai après l’annonce par la communauté de Tk’emlúps te Secwépemc de la découverte de 215 dépouilles d’enfants autochtones. 

Une statue d’un des architectes des pensionnats autochtones a été déboulonnée dimanche à Toronto à la suite d’une manifestation en hommage aux 215 enfants dont les restes ont été récemment découverts sur le site d’un ancien pensionnat en Colombie-Britannique.

La statue d’Egerton Ryerson, située sur le campus de l’université qui porte son nom, au centre-ville de Toronto, a été déboulonnée en début de soirée dimanche après le passage de la manifestation, a expliqué à l’AFP un témoin qui a requis l’anonymat.

La statue a été renversée à l’aide d’une corde attachée à une voiture, a précisé le témoin. Une vidéo du déboulonnement a été diffusée sur les réseaux sociaux. On peut y voir une corde accrochée au visage de la statue et entendre une voiture démarrer.

Recouverte de graffitis et aspergée de peinture rouge, la statue gisait dimanche soir à quelques mètres de son piédestal. Plusieurs dizaines de personnes étaient rassemblées. Certains ont donné des coups de marteau sur le visage de la statue.

« C’en est trop, c’en est vraiment trop. Il était grand temps que cette statue tombe, » a affirmé à l’AFP, Craig St. Denis, un métis de 36 ans dont le grand-père a été interné dans l’un de ces pensionnats.

« Pour mon peuple et le peuple des Premières Nations, c’est un symbole de guérison, » a-t-il ajouté.

Le président de l'Université Ryerson à Toronto a déclaré lundi que la statue ne sera pas « restaurée ou remplacée ». 

Egerton Ryerson a été au XIXe siècle l’un des architectes du système des pensionnats autochtones dont l’histoire tragique a refait surface fin mai après l’annonce par la communauté de Tk’emlúps te Secwépemc de la découverte de 215 dépouilles d’enfants à proximité du pensionnat autochtone de Kamloops dans l’ouest du pays.

Ces derniers jours, des appels avaient été lancés pour changer le nom de l’université et retirer la statue.

Ces pensionnats, gérés par l’Église catholique au nom du gouvernement fédéral, avaient pour but de retirer les enfants autochtones à leurs communautés pour les assimiler à la culture dominante.

Quelque 150 000 enfants des Premières Nations ainsi qu’Inuits ont été enrôlés de force dans 139 pensionnats semblables à travers le pays, où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture.

En 2015, une commission nationale d’enquête a qualifié ce système de « génocide culturel » .

Dimanche, le pape François a exprimé sa « douleur » concernant la découverte des restes des enfants, sans aller jusqu’à s’excuser malgré de multiples appels en ce sens depuis plusieurs jours.