Marc Miller demande à nouveau les excuses du pape

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, estime que le pape doit présenter des excuses pour le rôle que l’Église catholique a joué dans le système des pensionnats au Canada.

Ces excuses du pape étaient l’une des 94 recommandations formulées par la Commission de vérité et réconciliation, en 2015. Deux ans plus tard, lors d’une visite officielle au Vatican, le premier ministre Justin Trudeau avait personnellement demandé au pape François d’envisager un tel geste symbolique.

La Conférence des évêques catholiques du Canada avait ensuite soutenu, en 2018, que le pape ne pouvait pas s’excuser personnellement pour les pensionnats, même si le chef de l’Église n’avait pas hésité à reconnaître les injustices que vivent les Autochtones du monde entier. Le ministre Miller trouve « honteux » qu’aucune excuse n’ait été présentée à ce jour et il estime que la responsabilité repose sur les épaules des évêques au Canada.

La communauté de la première nation de Tk’emlúps te Secwépemc, en Colombie-Britannique, a révélé, la semaine dernière, qu’un radar pénétrant avait localisé ce que l’on croit être les restes de 215 enfants inhumés de façon anonyme près d’un ancien pensionnat fédéral pour Autochtones à Kamloops. Ces pensionnats fédéraux étaient tenus par des membres de l’Église catholique.

Le ministre Miller et sa collègue des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, ont également annoncé mercredi qu’une enveloppe de 27 millions de dollars prévue dans le budget de 2019 sera maintenant disponible de toute urgence pour rechercher d’autres dépouilles inhumées de façon anonyme près d’anciens pensionnats fédéraux dans tout le pays.

Ces pensionnats fédéraux ont fonctionné pendant plus de 120 ans et la Commission de vérité et réconciliation a statué qu’il s’agissait d’un génocide culturel. La commission recommandait notamment de demander « au pape de présenter, au nom de l’Église catholique romaine, des excuses aux survivants, à leurs familles ainsi qu’aux collectivités concernées pour les mauvais traitements sur les plans spirituel, culturel, émotionnel, physique et sexuel » subis par les enfants dans ces pensionnats.

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