27 millions pour les fouilles d’anciens pensionnats, 2 ans après l’avoir promis

Les recherches menées à Kamloops n’ont pas bénéficié de ces fonds fédéraux parce que celles-ci avaient été entamées il y a trop longtemps, avant même le rapport de la CVR.
Photo: Kayle Neis Archives La Presse canadienne Les recherches menées à Kamloops n’ont pas bénéficié de ces fonds fédéraux parce que celles-ci avaient été entamées il y a trop longtemps, avant même le rapport de la CVR.

Le gouvernement fédéral avait du mal à expliquer mercredi pourquoi il a fallu plus de deux ans pour rendre accessible aux communautés autochtones un fonds de 27 millions de dollars prévu pour les aider à localiser et rendre hommage aux enfants morts dans les pensionnats, une somme pourtant déjà annoncée dans le budget de 2019.

« Comme nous avons pris notre engagement, il était question pour nous d’entrer dans les détails avec le Conseil du Trésor pour être en mesure d’expliquer comment l’argent allait être distribué. L’approbation est arrivée, et maintenant nous sommes en mesure de le distribuer immédiatement », a évoqué la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, en conférence de presse mercredi.

La ministre venait tout juste d’annoncer que le gouvernement Trudeau rendait disponible une enveloppe de 27 millions de dollars destinée à fournir aux communautés autochtones les moyens de réaliser des fouilles sur les sites d’anciens pensionnats, notamment. Le fédéral doit envoyer l’information nécessaire pour accéder à ce financement dès mercredi. L’annonce survient près d’une semaine après l’annonce de la découverte de 215 corps d’enfants sur le terrain d’un ancien pensionnat autochtone de Kamloops, en Colombie-Britannique.

Ces millions étaient pourtant déjà prévus au budget fédéral de 2019, publié il y a plus de deux ans. Ils sont tirés d’une somme de 33,8 millions d’abord prévue sur trois ans, à compter de 2019-2020, pour répondre aux appels à l’action 72 à 76 du rapport de la Commission de vérité et réconciliation (CVR), paru quatre ans plus tôt. Le gouvernement devait utiliser cet argent pour « élaborer et tenir à jour un registre national de décès des élèves des pensionnats indiens et collaborer avec les parties en vue d’établir et de tenir à jour un registre en ligne des cimetières des pensionnats. » Il n’était pas clair, mercredi, pourquoi l’approbation requise pour dépenser l’essentiel de cette somme n’a pas été obtenue avant que la tragédie ne défraie la manchette.

« Ç’a été annoncé en 2019, et ce sont des fonds qui sont disponibles [maintenant]. Il y a des fonds au préalable qui ont été consacrés pour cette découverte, mais au final, c’est une décision qui revient aux communautés, on sera là pour elles », a répondu le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, lors de la même conférence de presse.

Il a ensuite précisé que les recherches menées à Kamloops n’ont pas bénéficié de ces fonds fédéraux parce que celles-ci avaient été entamées il y a trop longtemps, avant même le rapport de la CVR. « C’est lent, il y a une prise de conscience qui est lente », a-t-il conclu.

Ce rapport, publié en 2015, ne contient pas de recommandations, mais plutôt 94 « appels à l’action ». Parmi ceux-ci, six demandent au fédéral, aux provinces ou à l’Église de faire la lumière sur les décès des enfants autochtones en pensionnat, de localiser les corps et de tenir des cérémonies appropriées. Le gouvernement québécois a annoncé mardi être « ouvert » à participer à d’éventuelles fouilles. Ottawa s’est engagé lundi à financer l’exhumation.

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