Les élus canadiens créent la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation

Le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault

Le 30 septembre prochain pourrait bien être un jour de congé. Les députés fédéraux ont voté en faveur d’un projet de loi faisant de cette date un jour férié pour la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation avec les premiers peuples du pays.

Le projet de loi C-5, déposé en septembre par le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, a été adopté à l’unanimité en troisième lecture par les élus fédéraux, vendredi. Le Sénat doit encore lui donner son accord pour que le texte obtienne la sanction royale, et donc que le nouveau jour férié entre en vigueur.

Le Parlement fait ainsi suite à l’un des « appels à l’action » inscrits au rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, déposé en 2015. Ce nouveau jour férié est destiné à être observé par tous les employés, qu’ils travaillent dans le secteur public ou privé. Il a pour but de « rendre hommage aux survivants des Premières Nations, des Inuits et des Métis, à leurs familles et à leurs collectivités, et veiller à ce que la commémoration de leur histoire et des séquelles des pensionnats demeure un aspect essentiel du processus de réconciliation ».

Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, a salué tous les députés pour leur « soutien et collaboration » à officialiser cette étape de la réconciliation.

Cette étape législative a coïncidé, vendredi, avec la nouvelle de la découverte des restes de 215 enfants enfouis sur le site d’un ancien pensionnat autochtone de Colombie-Britannique. « C’est un triste rappel de ce sombre chapitre de notre histoire », a réagi le premier ministre Justin Trudeau. « C’est d’une tristesse infinie. Comme blanche, j’ai honte. Comme mère, j’ai mal. J’ai physiquement mal », a témoigné la bloquiste Marilène Gill aux Communes, vendredi.

« Inhumés sans leur nom et loin des leurs. Des familles déchirées, des histoires inconnues, des deuils figés. Commémorer la tragédie des pensionnats autochtones doit aller au-delà des mots. Je remercie mes collègues d’être passés à l’acte en faisant adopter le projet de loi C-5 », a tweeté le ministre libéral Steven Guilbeault.

Des ministres ont saisi l’occasion pour partager la ligne d’écoute nationale des pensionnats indiens, destinée aux anciens élèves de pensionnat et à leur famille : 1-866-925-4419.

À voir en vidéo