Le Vermont réclame l’ouverture de la frontière canado-américaine

Le plan de retour à la normale du Vermont prévoit la levée des mesures sanitaires lorsque 80 % de la population de plus de 12 ans aura reçu au moins une dose de vaccin. L’État atteint aujourd’hui un taux de 77 %.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le plan de retour à la normale du Vermont prévoit la levée des mesures sanitaires lorsque 80 % de la population de plus de 12 ans aura reçu au moins une dose de vaccin. L’État atteint aujourd’hui un taux de 77 %.

Le gouverneur de l’État du Vermont, Phillip Scott, piaffe d’impatience de voir la frontière canado-américaine ouvrir et s’interroge sur la possibilité d’exiger un passeport vaccinal pour la traverser, du moins sur une base transitoire.

S’adressant à des gens d’affaires québécois, jeudi, à l’invitation du chapitre québécois de la Chambre de commerce américaine au Canada, le gouverneur Scott n’a pas manqué de rappeler que le Vermont accueille normalement 2 millions de Canadiens par année — surtout des Québécois — qui laissent 200 millions dans l’économie locale. « Nos hôtels, nos restaurants, nos centres-villes s’ennuient beaucoup de votre présence », a-t-il reconnu candidement.

Son idée de passeport vaccinal émane en grande partie du fait que le Vermont, qui affiche l’une des meilleures gestions de la pandémie aux États-Unis, devancera probablement la levée complète des mesures sanitaires, initialement prévue pour le 4 juillet. Le plan de retour à la normale du Vermont prévoit la levée des mesures sanitaires lorsque 80 % de la population de plus de 12 ans aura reçu au moins une dose de vaccin. L’État atteint aujourd’hui un taux de 77 %.

Selon Phillip Scott, le moment est venu de commencer à penser à la manière dont cette frontière pourra de nouveau être franchie librement. « Il doit y avoir une façon d’y arriver et je crois, peut-être, qu’un passeport vaccinal, au moins durant la transition, serait utile. »

Quant à savoir si l’on devrait ouvrir la frontière à compter du 21 juin — date jusqu’où la fermeture a été prolongée la dernière fois — M. Scott n’a pas voulu s’avancer, rappelant aux gens d’affaires qui lui posaient la question que ce dossier relevait des gouvernements fédéraux respectifs des deux pays.

Obstacle au commerce

Au-delà des visites touristiques, cette fermeture représente un obstacle au commerce. Le gouverneur Scott fait valoir qu’avec 5 milliards de dollars d’échanges commerciaux annuels, le Québec est de loin le premier partenaire commercial international du Vermont, et que son État est le deuxième partenaire commercial du Québec parmi les États de la Nouvelle-Angleterre. Par contre, il a noté que la pandémie avait grandement contribué à faire disparaître virtuellement cette frontière, notant que « le Québec et le Vermont peuvent travailler ensemble et trouver des façons de profiter de la nouvelle normalité où les professionnels peuvent travailler de n’importe où ».

Les velléités protectionnistes des dirigeants américains ont été abordées et Phil Scott s’est dit personnellement en faveur de l’inclusion du Canada dans le « Buy American Act », la loi qui oblige certains achats de biens et services américains. Mais, « il y a de la résistance à Washington de le faire », a-t-il averti.

Selon lui, si cette inclusion s’avère impossible, « il y a des moyens de contourner cela », notamment en invitant les compagnies canadiennes à établir des succursales aux États-Unis, au Vermont, bien sûr. « C’est de cette façon que certaines compagnies ont eu tellement de succès en venant du Canada […] Il y a moyen de travailler en ce sens, ce qui nécessite certains investissements au Vermont pour y arriver. »

Phillip Scott n’est pas le typique politicien républicain, bien qu’il porte cette bannière. Il est l’un des seuls élus de son parti à avoir voté pour Joe Biden et à avoir publiquement appelé à la démission de Donald Trump pour l’assaut du Capitole en janvier dernier. Il a affirmé à plusieurs reprises le besoin de transiter vers une économie verte, de se concentrer sur le transport électrique.

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