Statut de réfugié - Mohamed Cherfi devra attendre jusqu'au 27 septembre pour connaître son sort

Québec — Le ressortissant algérien Mohamed Cherfi devra attendre jusqu'au 27 septembre avant de savoir si une cour fédérale américaine lui accordera le statut de réfugié.

L'audience qui s'est amorcée hier à Buffalo a été reportée par le juge qui l'entendait afin de lui permettre de prendre connaissance et traduire certains documents.

Le 5 mars dernier, Mohamed Cherfi était sorti manu militari de l'église Unie Saint-Pierre, à Québec, où il avait trouvé refuge.

Il avait été extradé le jour même vers la région de Buffalo, aux États-Unis, où il est depuis détenu dans une prison réservée aux demandeurs d'asile.

Mohamed Cherfi était sous le coup d'un avis d'expulsion vers l'Algérie depuis février. Le comité de soutien à Mohamed Cherfi demande à nouveau aux autorités politiques canadiennes et québécoises d'intervenir pour rapatrier ici l'Algérien de 35 ans avant que la décision américaine ne soit rendue.

«On pense que les autorités doivent intervenir pour ramener Mohamed Cherfi ici et lui accorder le statut de réfugié au Canada, rappelle Véronique Laflamme, porte-parole du comité de soutien. Il existe un large consensus dans les organismes communautaires à cet effet.»

Polémique

Ce nouvel épisode dans l'affaire Mohamed Cherfi survient peu après la polémique soulevée par la ministre canadienne de l'Immigration, Judy Sgro, qui demandait aux Églises canadiennes de mettre un terme à la tradition séculaire des sanctuaires.

Mme Sgro a également annoncé plus tôt cette semaine qu'elle entendait réformer le processus de détermination du statut de réfugié, notamment pour accélérer le traitement des demandes.

Bien qu'il existe plusieurs façons de contester un avis d'expulsion, il n'existe aucune section d'appel proprement dite, déplorent les organismes de soutien aux demandeurs d'asile.

Du côté du comité de soutien à Mohamed Cherfi, on dénonce également les lacunes existantes dans la loi sur les réfugiés.

À l'heure actuelle, une demi-douzaine de demandeurs d'asile sous le coup d'un ordre d'expulsion ont trouvé refuge dans des églises canadiennes.

Deux mois

Le report de l'audience laisse aux défenseurs de Mohamed Cherfi deux mois de plus pour faire pression sur les autorités politiques d'ici.

Véronique Laflamme estime que le dossier de Mohamed Cherfi devant les autorités américaines est excellent malgré le fait que seulement 5 % de demandeurs d'asile aux USA obtiennent le statut de réfugié.

«D'ici à ce que la décision soit rendue, il ne faut pas oublier que cet homme est en prison et que cela fera sept mois en septembre», conclut Véronique Laflamme.