Laurier-Dorion et Nelligan - Des forteresses rouges où les libéraux n'auront pas la partie facile

Le Parti libéral pourrait ne pas avoir la vie aussi belle que lors des élections générales dans les circonscriptions de Laurier-Dorion et de Nelligan, qui restent néanmoins des forteresses rouges.

Dans Laurier-Dorion, qui regroupe Villeray et le quartier à forte composition ethnoculturelle de Parc-Extension, les péquistes sont encouragés par la performance de la bloquiste Martine Carrière, qui a chauffé Pierre Pettigrew, lequel l'a remporté par un peu plus de 400 voix dans Papineau. Les limites de Laurier-Dorion sont sensiblement les mêmes que celles de Papineau, le quartier Saint-Michel en moins et une petite partie de Parc-Extension en plus.

«Traditionnellement, on ne fait pas beaucoup campagne dans Parc-Extension. Mais d'élections en élections, il y a des approches qui sont faites. Il y a cette fois-ci une volonté très forte de créer des liens avec les Québécois issus de l'immigration. Je veux suivre les traces de Martine Carrière et François Rebello [dans Outremont]», plaide la jeune Elsie Lefebvre, une étudiante à la maîtrise en science politique qui a milité au Conseil national des jeunes du parti et dans le mouvement étudiant. Elle sera confirmée comme candidate le 5 août prochain, au cours d'une assemblée de mise en candidature où Maka Kotto a été invité à prononcer le discours d'ouverture.

La performance bloquiste n'inquiète absolument pas les libéraux. «Cela n'a rien à voir. Les enjeux sont complètement différents. Au fédéral, il y avait les commandites et le fait qu'ils sollicitaient un quatrième mandat», fait valoir l'attachée de presse du PLQ, Bruno-Serge Béchard.

Le député sortant, Christos Sirros, avait recueilli 53 % des suffrages l'an dernier, loin devant le Parti québécois. Trois candidats — tous d'origine grecque — se sont manifestés publiquement pour lui succéder. Conseillère municipale du coin, élue sous la bannière de Vision Montréal, Mary Deros est sur les rangs, de même qu'un attaché politique du député sortant, Christos Kritsidimas, et un propriétaire d'une quinzaine de pharmacies, Spiros Fengos.



En terre de défusionnistes déçus

Bastion libéral incontesté, la circonscription de Nelligan risque d'être le théâtre du mécontentement des défusionnistes. C'est que trois des sept anciennes villes de la circonscription — Pierrefonds, Sainte-Geneviève et Île-Bizard — n'ont pas réussi à atteindre le niveau de 35 % d'adhésion à la défusion prescrit par la loi 9. Le oui à la défusion était pourtant sorti largement majoritaire de la consultation.

Le Parti libéral y présente une jeune avocate de 26 ans, Yolande James, qui pourrait bien devenir la première députée noire élue à l'Assemblée nationale. Diplômée en droit de l'université Queens, elle travaille maintenant pour le ministre de la Santé Philippe Couillard, après avoir été attachée politique à la circonscription pour le député sortant, Williams Russells.

Son adversaire péquiste sera aussi issu de la jeune génération, puisque les quatre candidats en lice ont tous moins de 30 ans. Le choix sera arrêté le 22 août.

L'ADQ n'a toujours pas annoncé le nom de ses candidats dans Nelligan et Laurier-Dorion.