Scandale des commandites - Les partis d'opposition trépignent

Les rapports de la firme de vérification Deloitte & Touche sur la Société canadienne des postes, rendus publics hier, montrent bien que toute la lumière n'a pas encore été faite sur le scandale des commandites et les problèmes de gestion dans les sociétés de la Couronne, selon les trois partis d'opposition.

Tous ont hâte que le comité des comptes publics reprenne ses travaux, interrompus contre leur gré quelques semaines avant le déclenchement des élections. «C'est incroyable que M. Ouellet ait pu faire de telles dépenses sans présenter de reçus et qu'il n'y ait pas eu de supervision. La seule façon de comprendre ce qui s'est passé et de mettre un terme à de tels abus, c'est avec le comité des comptes publics», croit le député conservateur Rahim Jaffer. Le rapport de vérification révèle que le président de Postes Canada, André Ouellet, s'est fait rembourser des dépenses de voyage de plus de deux millions entre 1996 et 2003, pour lesquelles les pièces justificatives demeurent introuvables.

Camionnette

Le whip bloquiste Michel Guimond opine du bonnet: «Étant minoritaire au comité, les libéraux ne pourront plus nous passer n'importe quelle motion pour essayer de mettre le couvert sur la marmite comme ils l'ont fait l'autre fois.»

Il ironise en suggérant à l'ancien ministre libéral de «louer une camionnette» pour soumettre les reçus censés être à sa résidence. «La comédie a assez duré, il faut qu'il s'explique», lance M. Guimond, qui s'insurge contre le fait que M. Ouellet ait été suspendu avec solde en février, alors que Michel Vennat, de la Banque de développement du Canada, ainsi que Jean Pelletier et Marc Lefrançois, de Via Rail, ont été suspendus sans salaire puis congédiés.

M. Ouellet devrait selon lui rembourser le salaire reçu depuis février s'il ne donne pas d'explications satisfaisantes d'ici une semaine, comme le lui a demandé le ministre jeudi.

Rahim Jaffer suggère quant à lui que le président en sursis rembourse toutes les dépenses qu'il n'arrivera pas à justifier.

La critique néo-démocrate en matière de sociétés de la Couronne, Bev Desjarlais, pense de son côté qu'il y a encore beaucoup à faire pour aller au fond des choses. «Cela laisse croire qu'il y a peut-être des problèmes dans d'autres sociétés d'État», avance Mme Desjarlais.

En entrevue au Ottawa Citizen jeudi, M. Ouellet déclarait qu'il s'était conformé aux règles en vigueur à l'époque sur les remboursements de dépenses. Il a avoué être embarrassé à l'idée de rester aussi longtemps payé à ne rien faire et avoir hâte de rentrer au travail. M. Ouellet est le haut fonctionnaire le mieux payé de l'État fédéral, avec un salaire annuel de plus de 400 000 $.