Les libéraux demeurent muets sur l’enquête qui vise le major général Dany Fortin

Le major général Dany Fortin supervisait le déploiement des vaccins contre la COVID-19 au Canada.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le major général Dany Fortin supervisait le déploiement des vaccins contre la COVID-19 au Canada.

Le gouvernement fédéral s’efforce depuis vendredi de rassurer les Canadiens sur le fait que la campagne de vaccination ne sera pas affectée par le départ soudain du major général Dany Fortin, mais les libéraux sont demeurés discrets, lundi, sur les raisons pour lesquelles il a été mis à l’écart — et sur l’identité de son remplaçant à ce poste névralgique.

Le ministère de la Défense nationale a publié vendredi soir une déclaration laconique de trois lignes. On y indiquait que le major général Dany Fortin, qui supervisait le déploiement de vaccins au pays, quittait son poste « en attendant les résultats d’une enquête militaire ». Aucune information n’a été dévoilée sur la nature de cette enquête.

La Presse canadienne a confirmé par l’intermédiaire d’une source, qui a requis l’anonymat parce qu’elle n’était pas autorisée à discuter publiquement de l’affaire, que l’enquête portait sur une allégation d’inconduite sexuelle.

Le réseau CTV a rapporté dimanche que M. Fortin faisait l’objet d’une enquête parce qu’il se serait « exposé » devant une femme en 1989, alors qu’il était élève-officier au Collège militaire royal de Saint-Jean.

M. Fortin a refusé de commenter, dans un courriel à La Presse canadienne, et son avocat a indiqué à CTV que le major général « niait catégoriquement » tout acte répréhensible.

Le chef conservateur, Erin O’Toole, a demandé lundi au gouvernement de fournir plus d’informations aux Canadiens, pour éviter de miner leur confiance dans l’armée et même dans la campagne de vaccination.

« Alors que la crise de l’inconduite sexuelle continue de secouer les Forces armées canadiennes, le manque de leadership des libéraux ne fait qu’aggraver la situation. Nous ne savons toujours pas qui prendra en charge la distribution des vaccins au Canada », écrit-il dans un message sur Twitter.

Spécialiste de la logistique

M. Fortin, qui avait commandé la mission de formation de l’OTAN en Irak, a été nommé à l’Agence de la santé publique du Canada en novembre pour gérer toute la logistique de la distribution des vaccins aux provinces.

Le premier ministre Justin Trudeau a fait une brève apparition publique lundi pour annoncer un financement fédéral dans le cadre d’un programme de rénovations résidentielles écologiques, mais il n’est pas resté pour répondre aux questions des journalistes.

Il a plutôt laissé le soin au ministre des Ressources naturelles, Seamus O’Regan, et à la ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, de répondre aux questions des journalistes sur le retrait de M. Fortin et sur ses conséquences pour la campagne de vaccination.

Les ministres ont minimisé tout impact significatif, laissant entendre que l’opération était bien engagée et que d’autres membres des Forces armées canadiennes continuaient de jouer un rôle important dans cette campagne.

Mais les deux ministres sont restés muets sur la nature de l’enquête militaire, sur le moment auquel le gouvernement en a été informé pour la première fois, et sur le remplaçant de M. Fortin.

« Mais la mission est en cours. Nous continuons à livrer, nous poursuivons l’opération […] donc, en fin de compte, les Canadiens reçoivent les vaccins que nous devons leur livrer », a assuré la ministre Qualtrough.

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