Système de santé en Ontario - Le ticket modérateur devra tripler d'ici quatre ans

Toronto — Le controversé ticket modérateur en santé de l'Ontario devra tripler, d'ici à 2008, afin que la province la plus populeuse au pays puisse faire fasse à l'explosion des coûts liés aux soins de santé, avance l'Institut Fraser dans un rapport rendu public hier.

Dans ce document, l'organisme voit dans les frais modérateurs à peine plus qu'un impôt supplémentaire sur le revenu qui n'aura aucun impact sur les coûts. «Le choix et la responsabilité de recourir judicieusement aux soins de santé font défaut au système en place; une nouvelle taxe, peu importe le nom que vous lui donnez, ne réglera pas le problème», a affirmé l'auteur du rapport, Brett Skinner, responsable de la recherche sur les politiques de santé à l'Institut Fraser.

«Rien n'incite les utilisateurs à contrôler leur demande de façon responsable», a-t-il ajouté.

L'institut prévient que les autres provinces feront face au même problème si elles refusent de voir les frais modérateurs et le secteur privé comme les meilleurs moyens de contrôler les coûts et de libérer les listes d'attente au sein du système public. L'organisme laisse également entendre que les gouvernements devraient songer à confier des services de santé financés par le public au secteur privé lorsque ce dernier est en mesure d'assurer des soins de meilleure qualité et à coût moindre que les fournisseurs publics.

Rejet du ministre

Le fait d'autoriser le secteur privé à assurer davantage de services de santé inciterait également les entreprises privées à investir dans de nouvelles installations et de nouveaux équipements, tout en encourageant plus de spécialistes à pratiquer en Ontario, avance l'institut.

Le ministre ontarien de la Santé et des Soins de longue durée, George Smitherman, a rejeté le document, bien qu'il ait reconnu ne pas l'avoir vu.

Je crois qu'il n'y est pas du tout», a-t-il déclaré hier à Nigara-on-the-Lake, en Ontario, où les premiers ministres du pays étaient réunis à l'occasion d'un sommet de trois jours sur la santé.

M. Smitherman a néanmoins reconnu que le rapport comportait quelques solutions potentielles au problème des coûts liés aux soins de santé, sans cesse en hausse au pays, problème que les premiers ministres tentent justement de régler.