L'opposition affirme que le ministre a échoué à son premier examen - Pettigrew sympathise avec le fils de la photographe

Ottawa — Le ministre canadien des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, a réconforté le fils de la photojournaliste assassinée Zahra Kazemi, hier. Il a également fait savoir à l'ambassadeur iranien que le Canada demeure déterminé à ce que ses meurtriers soient traduits en justice. Mais il n'a rien dit des moyens de pression — juridiques ou diplomatiques — qu'il est prêt à adopter pour y arriver.

Stockwell Day, le critique conservateur pour les affaires étrangères, a accusé le nouveau ministre d'avoir échoué à son premier examen en ne prenant pas une position plus ferme face à un régime iranien qui «piétine les droits de la personne».

Pendant ce temps, des signaux contradictoires émanaient de Téhéran, tant des réformateurs iraniens que des tenants de la ligne dure, sur la question de savoir si la mort de Mme Kazemi ferait l'objet d'une enquête plus poussée.

Sébastien Théberge, un porte-parole de M. Pettigrew, a dit que le ministre avait téléphoné au fils de la disparue, Stéphan Hachemi, qui a durement critiqué la façon dont Ottawa traite cette affaire. Encore une fois, le ministre a exprimé sa sympathie à la famille, a indiqué M. Théberge.

Il a ajouté que M. Pettigrew a aussi téléphoné à Mohammed Ali Mousavi, l'ambassadeur iranien, pour lui signifier clairement la volonté du gouvernement canadien d'obtenir justice dans ce dossier.

Les représentants du gouvernement disent étudier diverses options, dont celles de saisir la Cour internationale de justice de La Haye au sujet de l'affaire, de parrainer une résolution aux Nations unies pour dénoncer le système judiciaire iranien ou d'imposer des sanctions commerciales.

Mme Kazemi, une journaliste montréalaise d'origine iranienne, a été tuée en détention, l'été dernier, après avoir été arrêtée pour avoir pris des photographies au cours de manifestations d'étudiants devant une prison de Téhéran.

Les dirigeants iraniens ont d'abord affirmé qu'elle était décédée après un accident cérébrovasculaire, mais un comité présidentiel a établi plus tard qu'elle était morte des suites d'une fracture du crâne et d'une hémorragie au cerveau après avoir reçu des coups à la tête.

Mohammed Reza Aghdam Ahmadi, un agent des services de renseignement du gouvernement iranien, a été accusé du meurtre «semi-prémédité» de Mme Kazemi. Il a été acquitté samedi, à l'issue d'un procès auquel l'ambassadeur canadien n'a pu assister, s'étant vu interdire l'entrée au tribunal après le premier jour d'audiences. Ottawa l'a rappelé en guise de protestation.