Niagara-on-the-Lake - Les premiers ministres provinciaux se rencontrent mercredi

Québec — Les premiers ministres provinciaux vont tenter, cette semaine, de s'entendre sur une proposition commune de réforme de la péréquation et de financement de la santé, qui sera soumise en septembre au premier ministre Paul Martin.

Le partage des richesses entre les provinces et le sous-financement du système de santé seront les deux principaux sujets à l'ordre du jour de la deuxième réunion du Conseil de la fédération, qui se tiendra du 28 au 30 juillet dans le décor bucolique de Niagara-on-the-Lake, en Ontario.

L'un des points forts de la rencontre sera le dépôt du rapport du groupe de travail sur le financement viable du système de santé, dirigé par les premiers ministres de l'Ontario, Dalton McGuinty, et de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell.

Le groupe de travail, qui avait été chargé plus tôt cette année d'évaluer les besoins des provinces, soumettra aux premiers ministres une série de

recommandations.

Le dépôt de ce rapport permettra ainsi de préparer le terrain en vue de la réunion fédérale-provinciale prévue le 13 septembre, à Ottawa, par le premier ministre Paul Martin.

Un premier test pour Martin

«Ce sera le premier grand test du nouveau gouvernement Martin», a confié vendredi, sous le couvert de l'anonymat, un membre de l'entourage du premier ministre Jean Charest, lors d'une interview accordée à la Presse canadienne.

«On espère sortir de la réunion de Niagara-on-the-Lake avec un consensus, un agenda clair et précis en prévision de la réunion de septembre», a ajouté l'interlocuteur bien au fait du dossier.

Les attentes du Québec sont très claires: le premier ministre Paul Martin, qui a promis d'ajouter neuf milliards de dollars dans le système de santé en cinq ans, devra joindre l'action au discours dans les plus brefs délais.

Mais, du même souffle, le gouvernement Charest met en garde le fédéral contre la tentation de lancer des initiatives «mur-à-mur». Le Québec va défendre ses compétences et exiger sa part de financement, sans condition.

«On ne va pas à Niagara avec en tête de préparer une confrontation avec Paul Martin à l'automne, a précisé la source. Mais les provinces ont leurs propres priorités et souhaitent un réinvestissement flexible, pas du mur-à-mur.»

La notion de déséquilibre fiscal et le transfert de points d'impôt comme solution à ce problème semblent de moins en moins faire partie du paysage des relations entre le Québec et le gouvernement fédéral.

«M. Martin a dit qu'il reconnaissait l'existence de "pressions financières", alors, que le mot soit "déséquilibre fiscal" ou un autre, s'il y a un problème, que l'on le règle et ce sera tant mieux», indique-t-on dans l'entourage du premier ministre.