La question de l’avortement revient hanter le Parti conservateur

Erin O’Toole, qui a répété plusieurs fois aux journalistes avoir personnellement l’intention de voter contre le projet de loi, n’a toutefois pas précisé s’il allait laisser ses troupes voter librement sur la question.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Erin O’Toole, qui a répété plusieurs fois aux journalistes avoir personnellement l’intention de voter contre le projet de loi, n’a toutefois pas précisé s’il allait laisser ses troupes voter librement sur la question.

La question du droit à l’avortement est revenue embarrasser le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, au moment où l’une de ses députés a convoqué les médias pour défendre son projet de loi privé visant à interdire l’avortement sexo-sélectif, lundi.

« Ce n’est pas une priorité pour notre parti », a expliqué Erin O’Toole, qui a répété plusieurs fois aux journalistes avoir personnellement l’intention de voter contre le projet de loi, sans toutefois préciser s’il allait laisser ses troupes voter librement sur la question. Lorsqu’on lui a demandé si l’avortement était un dossier réglé au sein de son parti, le chef conservateur a répondu par la négative. Son bureau a ensuite indiqué au Devoir que M. O’Toole avait mal entendu, et voulait plutôt dire que ce n’était pas un dossier « régulé » chez les conservateurs.

« On a une liberté d’expression pour tous les Canadiens et Canadiennes, y compris nos députés, mais comme chef de l’opposition, et comme premier ministre, c’est important de défendre les droits pour tous, y compris les droits des femmes de choisir pour elles-mêmes », a conclu le chef conservateur, lors d’une conférence de presse, lundi matin.

Voter « selon notre conscience »

Au même moment, sa députée Cathay Wagantall, de la circonscription de Yorkton — Melville, en Saskatchewan, organisait son propre point de presse à Ottawa. Celle-ci répondait aux questions des journalistes sur C-233, le projet de loi qu’elle a déposé et qui vise à interdire les avortements pratiqués en fonction du sexe de l’enfant à naître. Le texte prévoit une infraction au Code criminel pour les médecins qui pratiqueraient des avortements « fondés uniquement sur le sexe génétique de l’enfant ».

Même si son propre chef a affirmé qu’aucune loi restreignant l’avortement ne pourra être adoptée sous son leadership, Mme Wagantall a indiqué être « très fière » d’être membre du Parti conservateur, au sein duquel les députés ont le privilège de déposer leurs projets de loi à la Chambre. Elle dit s’être assurée que ses collègues auront le droit de voter librement sur la question. Selon elle, ce projet de loi représente l’opinion de la majorité des Canadiens.

« Nous apprécions la chance, dans notre caucus, de nous confronter les uns aux autres, et de débattre absolument de tous les dossiers qui nous sont soumis, et nous avons le privilège de pouvoir voter selon notre conscience. »

Lors d’un discours dans le cadre du congrès annuel du Parti libéral du Canada, samedi, le premier ministre Justin Trudeau s’est vanté d’interdire à toute personne opposée à l’avortement de se présenter aux élections sous la bannière libérale. Un premier débat au Parlement devrait avoir lieu mercredi sur le projet de loi C-233, déposé une première fois en février 2020

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