Remplacement des vieux hélicoptères Sea King - La Défense opte pour le Cyclone de Sikorsky

Le bimoteur S-92, fabriqué par l’entreprise américaine Sikorsky, a été présenté comme l’option la moins coûteuse lorsque comparé à son principal rival, le EH-101 Cormoran.
Photo: Agence Reuters Le bimoteur S-92, fabriqué par l’entreprise américaine Sikorsky, a été présenté comme l’option la moins coûteuse lorsque comparé à son principal rival, le EH-101 Cormoran.

Shearwater, N.-É. — Mettant fin à un débat politique qui dure depuis plusieurs années, le gouvernement fédéral a annoncé hier son intention d'acheter 28 hélicoptères Cyclone du fabricant Sikorsky, pour renouveler la flotte composée d'appareils Sea King.

Le ministre de la Défense, Bill Graham, en poste depuis quatre jours seulement, s'est engagé à effectuer cette transaction de 1,8 milliard de dollars devant un contingent de pilotes et de membres d'équipage des Sea King — la plupart d'entre eux beaucoup plus jeunes que les appareils qu'ils utilisent — rassemblés pour l'occasion dans une base militaire aérienne près de Halifax.

Le meilleur, selon le ministre

Des représentants du gouvernement ont plus tard confirmé que des coûts de 3,2 milliards s'ajouteront à cette transaction. Cette somme servira à l'entretien des hélicoptères durant les 20 années d'utilisation prévue.

Selon le ministre, le Cyclone, une version militaire du Sikorsky S-92, «est le meilleur hélicoptère pour les Forces armées au meilleur prix pour les Canadiens».

Les militaires, malgré quelques appréhensions exprimées précédemment, se sont montrés d'accord avec lui, affirmant que le débat politique n'a pas eu de conséquence sur cette transaction, attendue depuis 25 ans. «Nous disposerons d'un hélicoptère dernier cri qui correspond aux exigences opérationnelles», a indiqué Ray Hénault, chef d'état-major de la Défense.

Le processus d'achat des hélicoptères a cependant fait l'objet de critiques, notamment pour sa lenteur. Finalement, le gouvernement a opté pour un appareil qui n'a pas de références puisque le Canada sera le premier pays à en faire l'acquisition pour une utilisation militaire.

«Nous n'avons pas de félicitations à offrir au gouvernement parce qu'ils ont retardé de 10 ans cette acquisition et, durant cette période, il ont exposé les équipages à un risque [d'accident]», a dit Gordon O'Connor, porte-parole conservateur sur les questions de défense.

Plus léger

Le bimoteur S-92, fabriqué par l'entreprise américaine Sikorsky — la même qui a construit les Sea King —, a été présenté comme l'option la moins coûteuse lorsque comparé à son principal rival, le EH-101 Cormoran, un appareil plus gros disposant de trois moteurs construit par un consortium italo-britannique dirigé par AugustaWestland (anciennement EH Industries).

Le ministère de la Défense a longtemps milité en faveur du Cormoran, recommandant au gouvernement, en 1987, d'acheter l'appareil.

Hier, plusieurs fonctionnaires fédéraux ainsi que des représentants de Sikorsky ont défendu la décision d'Ottawa, soutenant que l'appareil, plus léger, sera «les yeux et les oreilles» des 12 frégates militaires du Canada.

«Nous sommes restés fidèles à nos principes sans élever ou abaisser la barre», a dit Alan Williams, sous-ministre adjoint au ministère de la Défense.

Lloyd Noseworthy, directeur général de Sikorsky Canada, a indiqué que son entreprise a réussi à réduire le poids de l'appareil de 2000 kg tout en s'assurant qu'il peut supporter les rigueurs d'une utilisation par les forces navales.

Les Sea King, malgré leur désuétude, continueront d'être utilisés pendant quatre ans afin de permettre aux S-92 d'être adaptés aux spécifications de l'armée. Le premier Cyclone devrait être livré à la fin de 2008. D'ici là, les Sea King — dont quatre appareils se sont écrasés, tuant 10 personnes — continueront de nécessiter 30 heures d'entretien pour chaque heure de vol.

Le dernier des Cyclone entrera en service en 2011, près de 50 ans après que le premier Sea King se fut envolé de la base de Shearwater, en Nouvelle-Écosse.