Le NPD cherche à détourner les jeunes électeurs du Parti libéral

La présence de Jagmeet Singh sur les réseaux sociaux, comme TikTok, et le fait qu’il provienne d'une minorité visible, le rendent-il «cool» auprès des jeunes de milieux urbains? 
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne La présence de Jagmeet Singh sur les réseaux sociaux, comme TikTok, et le fait qu’il provienne d'une minorité visible, le rendent-il «cool» auprès des jeunes de milieux urbains? 

Les électeurs millénariaux sont-ils les plus progressistes, les plus touchés par la pandémie de COVID-19, voire les plus convaincus de l’existence d’un racisme systémique au Canada ? C’est la lecture que fait le NPD de Jagmeet Singh, qui a lancé lundi une série de rencontres sur les plateformes Facebook et Instagram pour tenter de convaincre les plus jeunes électeurs de ne pas voter pour Justin Trudeau lors des prochaines élections fédérales.

Sur le microsite créé pour l’occasion, impossible de rater le portrait de Jagmeet Singh, qui semble tout droit sorti d’un film manga. Sur un fond orange éclatant, le collage photographique du chef accroche le regard. Son tailleur est dessiné en violet et assorti à son turban, sur lequel on peut lire les quelques lettres qui constituent son nouveau slogan : « oser ».

Illustration: Capture d'écran Sur un fond orange éclatant, le collage photographique du chef néodémocrate Jagmeet Singh accroche le regard.

Cette nouvelle campagne virtuelle, pandémie oblige, prévoit pour les deux prochaines semaines des vidéos en direct sur les réseaux sociaux pour atteindre des Québécois de 18 à 40 ans, soit les jeunes et les jeunes familles. L’entourage de Jagmeet Singh fait valoir que les électeurs de ce groupe d’âge sont disputés entre le NPD et le Parti libéral du Canada, en particulier à Montréal. Sont ainsi mises de l’avant quelques promesses destinées à plaire à cette génération : la gratuité des soins en santé mentale, la réduction du prix des loyers et la baisse des tarifs de cellulaire et d’Internet.

Cibler les jeunes

« Pour les électeurs plus jeunes, très souvent, le NPD est le 2e choix. Donc le but est de faire du NPD le premier choix de ces électeurs », analyse aussi Karl Bélanger, ex-conseiller des chefs néodémocrates Jack Layton et Thomas Mulcair, maintenant consultant à Traxxion Stratégies.

« C’est certain qu’en mode virtuel ce n’est pas la même chose que d’aller les voir sur le terrain, mais le potentiel est quand même plus grand, parce qu’on peut rejoindre plus de monde sur les réseaux sociaux que dans les sous-sols d’église. »

Le fait que Jagmeet Singh est très présent sur les réseaux sociaux, comme TikTok, et le fait qu’il provienne d'une minorité visible, le rendent « cool » auprès de jeunes de milieux urbains, estime une ancienne employée du NPD qui a requis l’anonymat pour parler librement de la question. « La question que je me pose est : est-ce que ça va se traduire en siège ? Pour moi, c’est une campagne plus montréalaise. Ça ne s’adresse pas au Québec au complet. »

Racisme systémique

Les plus jeunes électeurs québécois sont-ils moins nombreux à se formaliser de l’appui d’un député néodémocrate ontarien, Matthew Green, aux propos d’un professeur de l’Université d’Ottawa qui qualifie le Québec de société raciste ? Jagmeet Singh, qui s’est rendu dimanche soir sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle pour affirmer son désaccord avec les propos du professeur et son engagement à lutter contre le racisme systémique, avance que la population plus jeune est au diapason de sa position à ce sujet.

« Ce qu’on voit dans la société en général, c’est toujours les jeunes qui sont toujours les personnes qui avancent la justice sociale. […] Avec le racisme systémique, c’est encore les jeunes qui comprennent que c’est un défi qui nuit à toute la société », a-t-il précisé.

Jagmeet Singh pense que les Québécois plus âgés peuvent se reconnaître comme victimes du racisme systémique, mais a admis que les générations ont des « perspectives différentes » à ce sujet.

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