Erin O’Toole désavoue le vote de ses militants sur les changements climatiques

«Je suis le chef», a réaffirmé Erin O’Toole, le leader conservateur, mardi.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne «Je suis le chef», a réaffirmé Erin O’Toole, le leader conservateur, mardi.

Le chef conservateur, Erin O’Toole, veut parler de changements climatiques lors de la prochaine élection fédérale, quoi qu’en pensent ses militants. Ces derniers ont rejeté une résolution sur le sujet lors du congrès du parti cette fin de semaine, mais M. O’Toole ne se sent pas lié par leur vote, qu’il a rejeté à peine trois jours plus tard.

« Je suis le chef », a affirmé le leader conservateur mardi. « On va avoir une politique claire et sérieuse sur les changements climatiques lors de la prochaine élection. C’est important pour moi comme député, comme chef de l’opposition, mais aussi comme père de famille », a-t-il martelé en conférence de presse lorsqu’invité à commenter le congrès du Parti conservateur de la fin de semaine dernière.

Samedi, 54 % des militants réunis virtuellement ont rejeté une résolution qui aurait ajouté au programme électoral du parti que celui-ci reconnaît que « les changements climatiques sont réels ».

Malgré cela, Erin O’Toole a rétorqué que « le débat est clos ». « On doit réduire les émissions de gaz à effet de serre, tout en respectant une relance économique dans chaque secteur, dans chaque région de notre pays », a-t-il déclaré, rejetant de ce fait le verdict de la moitié des 3100 délégués conservateurs réunis quelques jours plus tôt. Il s’agissait du premier congrès sous le règne de M. O’Toole.

Or, le nouveau chef est d’avis que le Parti conservateur doit changer s’il veut pouvoir convaincre davantage d’électeurs de le choisir. « Nous ne pouvons pas briguer une nouvelle élection en espérant que les gens se rallient à nos positions d’avant. »

M. O’Toole a nié que ses militants rassemblent de nombreux climatosceptiques. Si la résolution sur les changements climatiques a été rejetée, c’est aussi parce qu’elle était « complexe », trop « prescriptive », et qu’elle proposait également de « responsabiliser les entreprises canadiennes, catégorisées superpolluantes », a fait valoir le chef.

Railleries des rivaux

Les rivaux du Parti conservateur n’ont pas perdu de temps et en ont profité pour accuser les conservateurs de nier l’existence des changements climatiques. Le Parti libéral a même conçu un t-shirt affichant la phrase « Les changements climatiques sont réels », pour tenter de faire un peu de profits sur le dos des conservateurs.

Le congrès de la fin de semaine dernière n’a pas été sans autre controverse. Les militants pro-vie ont tenté de présenter deux résolutions contre l’avortement, mais toutes deux ont été exclues par le parti en amont du congrès.

M. O’Toole s’est d’ailleurs félicité, en entrevue avec La Presse canadienne lundi, du fait que le congrès de la fin de semaine a été exempt de débats sur ces enjeux sociaux. Les groupes pro-vie ont cependant accusé la formation de les museler et de vouloir les exclure du mouvement conservateur. Le désaveu d’Erin O’Toole du vote sur les changements climatiques pourrait en contrarier d’autres.

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