Erin O’Toole et ses délégués en désaccord sur la réalité des changements climatiques

Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole

La majorité des délégués conservateurs ne sont pas d’accord avec leur chef Erin O’Toole que les changements climatiques sont une réalité.

Une proposition québécoise visant à reconnaître que « les changements climatiques sont réels » et que « le Parti conservateur a la volonté d’agir » a été défaite par 54 % des délégués conservateurs. Seuls 46 % des délégués ont voté en faveur de la résolution mise de l’avant par le député Joël Godin.

Presque 70 % des délégués du Québec ont voté en faveur de cette résolution, mais la majorité des délégués dans cinq provinces et les territoires ont voté contre.

« Dans un monde idéal, j’aurais aimé qu’elle passe, soyons honnêtes. (...) Mais (...) je ne suis pas découragé, bien au contraire, parce que mon chef est derrière moi », a admis le député Godin, à l’origine de cette résolution, en entrevue avec La Presse canadienne.

M. O’Toole a en effet été clair sur sa position pendant toute la durée du congrès de son parti.

Dans un discours vendredi soir, M. O’Toole a dit que son parti ne peut pas « ignorer la réalité des changements climatiques ». « Le débat est clos », avait-il tranché. Il a tenu le même propos samedi, lors d’une séance de questions et réponses, lorsque le résultat de ce vote a été porté à son attention.

« Les changements climatiques sont une menace pour notre société », a-t-il renchéri.

« Le Parti conservateur va avoir un plan clair et sérieux dans la prochaine élection en ce qui concerne l’environnement et la réduction des émissions. Ce sera une priorité pour moi comme leader et comme premier ministre », a-t-il continué, en s’assurant de répéter son message dans les deux langues.

M. Godin ne s’inquiète pas pour la suite des choses à l’interne. À son avis, il est normal qu’il y ait des opinions divergentes sur le sujet au sein du parti, mais l’important est que son chef ait tranché.

« C’est le gros bon sens. On ne peut plus se mettre la tête dans le sable. […] Maintenant, il va falloir l’expliquer et travailler, et ça fait partie de notre travail au quotidien. On ne peut pas avoir l’unanimité », a expliqué le député qui se définit comme « le plus vert des conservateurs ».
 

Condamnation des autres partis

Les autres partis, eux, n’ont pas tardé à condamner la prise de position des militants conservateurs.

« Le Parti conservateur ne croit pas en la science! En 2021, les changements climatiques ne devraient même pas faire l’objet d’un débat », a réagi le ministre et ex-militant écologiste Steven Guilbeault, sur Twitter.

« Sérieusement, en 2021? Les membres du Parti conservateur votent contre une motion pour reconnaître les changements climatiques? » a renchéri la bloquiste Julie Vignola dans un autre gazouillis.

« Ce parti politique est une farce tragique. Ils ne sont pas encore arrivés au milieu du 19e siècle », a déclaré pour sa part le néo-démocrate Alexandre Boulerice.

Seule consolation pendant le congrès, le chef conservateur n’aura pas eu à se prononcer sur le dossier de l’avortement.

Même si le lobby antiavortement a fait élire de nombreux délégués, selon ses dires, il n’aura pas réussi à mettre le sujet à l’ordre du jour ni à rouvrir le débat. « Disons que je suis content qu’on passe à autre chose […]. Le dossier “avortement”, c’est derrière nous. C’est clair », s’est réjoui M. Godin.

À voir en vidéo