Mur de sécurité - Louise Arbour suggère à Israël de trouver autre chose

Genève — Israël devrait trouver une meilleure façon d'assurer sa sécurité plutôt que d'ériger un mur dans les territoires palestiniens occupés, a estimé hier la Canadienne Louise Arbour, nouvelle responsable du Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies.

À l'occasion de sa première conférence de presse en tant que Haut-Commissaire aux droits de l'homme, à Genève, Mme Arbour a également dit être encouragée par la décision de la Cour suprême des États-Unis visant à éliminer le vide juridique au sujet de la détention de présumés terroristes à la base militaire américaine de Guantánamo, à Cuba.

Le mur érigé par Israël ne «mènera pas à un règlement du conflit» au Proche-Orient, a déclaré Mme Arbour, qui est âgée de 57 ans.

«On doit espérer que le gouvernement d'Israël songera à assurer sa sécurité — ce qui, je le concède, constitue une préoccupation des plus pressantes — par des moyens autres que celui-là», a dit Mme Arbour, qui a quitté son poste de juge à la Cour suprême du Canada afin d'accepter ses nouvelles responsabilités à l'ONU, le 1er juillet.

Mercredi, le gouvernement israélien a réitéré qu'il poursuivrait la construction du controversé mur, réaffirmant que cet ouvrage permettait d'empêcher des attentats suicide et de sauver des vies

humaines.

Les Palestiniens affirment quant à eux que le mur, qui franchit en certains endroits des terres prises par Israël lors de la guerre de 1967, vaut à I'État israélien des gains territoriaux avant même la tenue de négociations de paix finales.

Mardi, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté une résolution exigeant qu'Israël s'acquitte de ses obligations juridiques telles qu'énoncées dans l'avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice, déclarant contraires au droit international «l'édification du mur qu'Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé».

«Toutes les autorités pointent plus ou moins dans la même direction, c'est-à-dire que ce mur, tel qu'actuellement conçu et érigé, devrait être retiré», a affirmé Mme Arbour.