Les provinces pressent le fédéral d’augmenter les transferts en santé dans son prochain budget

Les premiers ministres des provinces pressent leur homologue fédéral, Justin Trudeau, d’augmenter considérablement le Transfert canadien en matière de santé (TCS), à défaut de quoi il mettrait en péril, selon eux, la « stabilité » et la « pérennité » des systèmes de soins de santé partout au pays.

Précisément, le Conseil de la fédération (COF) demande à Ottawa de rehausser « sans condition » à hauteur de 28 milliards de dollars le TCS en 2021-2022 (de 42 à 70 milliards), ce qui ferait passer sa contribution aux coûts des soins de santé de 22 % à 35 %.

Il s’agit ni plus ni moins que d’un enjeu d’« unité nationale », a dit sans ambages le chef du gouvernement ontarien, Doug Ford, au terme d’une rencontre virtuelle du COF, jeudi après-midi.

Le président de la COF, François Legault, juge la demande des provinces « raisonnable », malgré le déficit fédéral qui s’élèverait à près de 330 milliards d’ici à la fin de l’année budgétaire.

Au lendemain de la pandémie de COVID-19, la situation financière du gouvernement fédéral s’améliorera rapidement, mais pas celle des provinces, qui « feront face à un risque de déficits successifs et croissants », affirme M. Legault. En 2035-2036, le gouvernement fédéral dégagerait un surplus de plus de 15 milliards de dollars tandis que les provinces et territoires composeraient avec un déficit total de 155 milliards, selon les projections du COF.

La conclusion d’un « partenariat financier renouvelé et renforcé » entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux est « essentielle » notamment pour « répondre aux besoins d’une population croissante et vieillissante » et « rattraper les retards accumulés au niveau des chirurgies non urgentes, des traitements et des diagnostics », ont fait valoir les chefs des gouvernements provinciaux et territoriaux en prévision du dévoilement du budget fédéral.

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, presse Ottawa d’accroître sa participation au financement de la santé. Il n’est pas question de tirer vers le haut ni les taxes ni les impôts en pleine récession, a-t-il soutenu jeudi.

« C’est urgent d’agir. […] Ce n’est plus le temps des beaux discours », a souligné M. Legault.

Le COF dit avoir déjà obtenu l’appui du Nouveau Parti démocratique et du Bloc québécois, en plus de celui du Parti conservateur — qui tient quant à lui à promettre une hausse du TCS « sans condition ».

Le premier ministre manitobain, Brian Palister, a dit douter des chances de réélection du chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, s’il ne rehausse pas le financement de la santé. « Je ne vois aucun premier ministre canadien qui voudrait se porter candidat aux prochaines élections avec une plateforme électorale prévoyant une augmentation du temps d’attente [pour des chirurgies en raison d’un financement inadéquat] », a-t-il affirmé.

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