Clôture de sécurité d'Israël - Pettigrew défend l'abstention canadienne à l'ONU

Ottawa — Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, a défendu hier la décision du gouvernement Martin de s'abstenir lors du vote sur une résolution des Nations unies demandant à Israël de démolir la «barrière de sécurité» actuellement en construction en Cisjordanie.

Le texte, adopté mardi par l'Assemblée générale de l'organisation à New York, somme l'État hébreu de se conformer à l'avis de la Cour internationale de justice, qui s'est prononcée contre le mur au début du mois. Cent cinquante pays ont voté en faveur de la résolution, alors que six ont voté contre (dont les États-Unis) et dix se sont abstenus, y compris le Canada.

«Il ne s'agit pas d'un changement de position sur cette question», a assuré M. Pettigrew, à l'issue de la première réunion du cabinet depuis le remaniement de mardi.

«Comme vous le savez, nous avions exprimé en décembre de fortes réserves quant à l'idée d'amener ce litige à la Cour internationale de justice. Nous ne pensions pas que c'était la bonne voie à suivre et nous sommes toujours du même avis. C'est pourquoi nous nous sommes abstenus.»

Le ministre a même laissé entendre que la démarche des pays arabes devant les Nations unies pouvait nuire au processus de paix entre Palestiniens et Israéliens.

«Nous croyons qu'Israël a ses préoccupations sécuritaires et qu'on n'en tient pas suffisamment compte dans une telle procédure. Nous voulons appuyer tout geste qui contribue au processus de paix au Proche-Orient plutôt que de travailler sur quoi que ce soit qui affaiblit ce processus.»

La résolution de l'Assemblée générale des Nations unies demande non seulement que le mur israélien soit détruit mais que des réparations soient payées aux Palestiniens qui ont subi des dommages du fait de sa construction.

Mais hier, Israël a qualifié la résolution de «partiale et totalement contre-productive», affirmant que le mur était une mesure destinée à sauver des vies et à empêcher les attentats terroristes palestiniens. La construction doit donc se poursuivre.