Premier test pour le nouveau gouvernement - Martin convie les provinces à une rencontre sur la santé

Ottawa — Le premier ministre Paul Martin a confirmé hier la tenue en septembre du premier événement d'importance depuis son élection à la tête d'un gouvernement minoritaire: un sommet avec ses homologues provinciaux dans le but d'améliorer les systèmes de santé au pays.

Ce sera l'occasion d'assister à des épisodes de télé-réalité d'un nouveau genre, puisque la rencontre, qui débutera le 13 septembre à Ottawa, doit être télévisée. Mais contrairement à Star Académie et à Occupation double, l'exercice pourrait être illimité dans le temps, ce qui risque de faire baisser les cotes d'écoute si les pourparlers devaient s'éterniser, comme on peut s'y attendre.

«Ça sera soit une réunion qui durera aussi longtemps que ça prendra, ou encore une série de rencontres», a précisé M. Martin à la sortie de la première séance de son nouveau conseil des ministres.

«Mais je peux vous assurer d'une chose: nous nous occuperons de ce dossier et j'ai grand espoir que, lors de ce sommet, nous pourrons le régler une fois pour toutes. C'est pourquoi nous ne nous fixons pas de limite de temps.»

La rencontre constituera le premier test politique du gouvernement Martin, élu le 28 juin. Et ce sera une épreuve de taille, puisque les discussions avec les provinces, surtout sur une question aussi cruciale que la santé, sont toujours épineuses. La nature publique de la rencontre ajoutera au défi, mais elle pourrait empêcher les politiciens de prendre devant les caméras des positions contraires à celles qu'ils ont défendues en privé.

Durant la campagne électorale, les libéraux s'étaient engagés à accroître d'au moins neuf milliards, en cinq ans, les transferts fédéraux aux provinces pour la santé. Ottawa veut privilégier la réduction des délais d'attente et le renforcement des soins à domicile.

La plupart des premiers ministres provinciaux ont bien accueilli cette promesse, mais certains voudraient que le gouvernement fédéral mette encore plus d'argent sur la table. «Avoir une discussion ouverte, ça donne une indication aux Canadiens quelles sont les positions de base des différents gouvernements, a expliqué Paul Martin. Je pense que la transparence est très importante lorsqu'on veut atteindre des buts publics.»

Satisfaction

Le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, qui copréside le Conseil de la fédération, s'est réjoui à l'idée de tenir des négociations en public.

«Les Canadiens s'intéressent vraiment au prochain accord sur la santé que nous conclurons», a-t-il estimé.

La nouvelle ministre des Affaires intergouvernementales, Lucienne Robillard, préparera le sommet en tenant des discussions préliminaires avec ses homologues provinciaux, à l'instar de son collègue responsable de la Santé, Ujjal Dosanjh.

«On sait tous qu'on a un défi commun et qu'il n'y a personne qui a la solution miracle dans sa poche, alors j'ose espérer que ça ne sera pas juste une question de venir chercher de l'argent», a-t-elle affirmé en entrevue à la Presse canadienne.