Le PQ voit d'un mauvais oeil le nouveau cabinet

Québec — Le nouveau conseil des ministres du gouvernement Martin et, surtout, le retour de Stéphane Dion au cabinet laissent présager une nouvelle ère d'affrontement avec le Québec, a estimé hier le Parti québécois.

«Le gouvernement fédéral se donne les moyens de mettre en oeuvre une politique où il va y avoir, de toute évidence, un affrontement Ottawa-Québec», a dit le porte-parole de l'opposition péquiste en matière d'affaires intergouvernementales, Daniel Turp, lors d'une interview accordée à la Presse canadienne.

Selon lui, Ottawa a clairement exprimé sa volonté d'intervenir encore davantage dans les champs de compétence du Québec, comme l'illustre

la création des ministères d'État aux Infrastructures et aux Collectivités, à la Famille et aux Aidants naturels, et au Travail et au Logement.

Intentions claires

Même chose dans le domaine de la santé, où les intentions interventionnistes du gouvernement Martin sont on ne peut plus claires, a-t-il ajouté.

«Ni Couillard [Philippe Couillard, ministre de la Santé), ni Pelletier [Benoît Pelletier, ministre des Affaires intergouvernementales], ni le premier ministre Jean Charest ne pourront accepter ça», a observé le député.

Aussi, la représentation québécoise au sein du nouveau cabinet fédéral n'annonce aucune volonté de changement, déplore-t-il.

«Il n'y a pas de nouveaux visages, à moins de considérer Jean Lapierre comme un nouveau venu, a-t-il commenté. Ce sont tous des gens qui nient l'existence du déséquilibre fiscal.»

À cela s'ajoute le retour de Stéphane Dion à la table du conseil des ministres. Une nomination qui n'augure rien qui vaille, a poursuivi M. Turp. Il ne faut surtout pas penser que M. Dion se contentera de ses seules responsabilités de ministre de l'Environnement, croit en outre le porte-parole péquiste.

Selon lui, M. Dion voudra sans aucun doute, en coulisse, tirer les ficelles des Affaires intergouvernementales canadiennes, au détriment de la ministre en titre, Lucienne Robillard.

«C'est le ministre fantôme des Affaires intergouvernementales, a-t-il dit. On peut s'inquiéter du pouvoir de Mme Robillard quand Dion est là, et que Paul Martin le ramène autour de la table.»

En vacances, le ministre québécois des Affaires intergouvernementales s'est contenté de diffuser un communiqué de presse en après-midi hier, indiquant «avoir pris acte» de la nomination des nouveaux ministres à Ottawa.

M. Pelletier rappelle aussi que le déséquilibre fiscal et toute la question du financement de la santé constituent «de sérieuses problématiques auxquelles il faut répondre impérativement».

ADQ

De son côté, l'Action démocratique du Québec a dit souhaiter que le nouveau cabinet Martin ne s'inscrive pas sous le signe de la continuité, «ce que les Québécois ont rejeté le 28 juin dernier». «J'espère que l'arrivée de Lucienne Robillard marquera une nouvelle ère de bonne entente et de décentralisation au Canada», a dit la porte-parole adéquiste en matière d'affaires intergouvernementales, Sylvie Roy. «Cette femme conciliante saura prendre acte de la volonté d'un nombre grandissant de Québécois et de Canadiens d'opérer une importante décentralisation au pays», souligne Mme Roy.