Le fédéral vient appuyer les Attikameks pour concrétiser le «principe de Joyce»

Le «principe de Joyce» a été nommé ainsi en l’honneur de Joyce Echaquan, cette femme attikamek, mère de sept enfants, qui s’est filmée de son lit d’hôpital, peu avant sa mort.
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne Le «principe de Joyce» a été nommé ainsi en l’honneur de Joyce Echaquan, cette femme attikamek, mère de sept enfants, qui s’est filmée de son lit d’hôpital, peu avant sa mort.

Afin que la nation attikamek puisse concrétiser le « principe de Joyce », qui a pour but d’assurer aux Autochtones des soins de santé dignes et sans discrimination, le gouvernement fédéral lui a octroyé 2 millions de dollars.

L’annonce a été faite mercredi matin par le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, en compagnie de membres de la communauté de Manawan, d’où était originaire Joyce Echaquan.

Le « principe de Joyce » a été nommé ainsi en l’honneur de cette femme attikamek, mère de sept enfants, qui s’est filmée de son lit d’hôpital, peu avant sa mort, le 28 septembre dernier. Sa vidéo permet d’entendre les insultes dégradantes lancées par une infirmière et une préposée de l’hôpital de Joliette.

Son mari, Carol Dubé, présent lors de l’annonce faite en visioconférence, a rappelé que le « principe de Joyce » vise à garantir à tous les Autochtones un droit d’accès équitable aux soins de santé et aux services sociaux, qui doivent être exempts de discrimination et de racisme.

« Joyce n’a pas demandé de finir ses jours dans les conditions que nous connaissons tous », a-t-il dit. « Je me console en me disant que ses derniers moments ont réveillé les consciences partout au Canada. Que son geste va sauver des vies et redonner la dignité aux Autochtones. »

Le « principe de Joyce » comporte cet élément fondamental : le droit pour les Premières Nations de vivre dans la dignité. « C’est ce qui nous a guidés », a déclaré le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa.

La nation attikamek a pris sur ses épaules la tâche de promouvoir les objectifs du « principe de Joyce » et de le décliner en actions concrètes. Elle pourra ainsi élaborer des outils et des formations destinées aux professionnels de la santé, ainsi que d’autres visant à informer les Premières Nations, les Inuits et les Métis de leurs droits. Ces fonds serviront également à organiser des réunions avec les non-Autochtones au sujet de la lutte contre le racisme.

L’argent servira aussi à réaliser des études sur le terrain, par exemple pour déterminer la faisabilité de la création de centres de naissances adaptés aux besoins de ses membres, a illustré en conférence de presse le grand chef de la nation attikamek, Constant Awashish. Il a aussi souligné le besoin d’offrir des services adéquats en santé mentale pour les membres de la communauté, durement affectés par ce qui est arrivé à l’une des leurs.

Pour lui, ce financement d’Ottawa est une marque de confiance et de respect envers sa nation.

Ce qu’a subi Mme Echaquan n’est pas un événement isolé, a déclaré le ministre Miller de son côté. Il s’agit de quelque chose qui se produit trop souvent. Il reconnaît qu’on ne peut régler du jour au lendemain tous les problèmes qui affectent les diverses nations autochtones au pays, mais estime que cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas commencer à agir maintenant.

Selon M. Dubé, le « principe de Joyce » devrait d’ailleurs s’appliquer à toutes les autres minorités vivant au pays.

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