Les transporteurs étrangers également sur le radar d'Ottawa

Les compagnies aériennes étrangères ne bénéficieront pas d’un avantage sur leurs compétitrices canadiennes. Ottawa négocie avec elles aussi une suspension de leurs vols vers les destinations soleil, a appris Le Devoir.

Ottawa a déjà conclu un accord avec la compagnie mexicaine Aeromexico. Cette dernière, qui avec 10 vols par semaine entre le Canada et le Mexique est une des plus importantes pour cette liaison, a accepté d’interrompre son service à compter de la semaine prochaine.

Ottawa est aussi en négociation avec Caribbean Airlines, mais celle-ci n’offre qu’un vol par semaine vers les îles Turks et Caïques. Enfin, des discussions sont en cours avec les compagnies aériennes américaines. Mais on fait remarquer en coulisses à Ottawa que la loi interdit à ces compagnies aériennes d’offrir une liaison entre le Canada et les Caraïbes sans faire escale aux États-Unis. Les voyageurs canadiens qui choisiraient cette option pour contourner le resserrement d’Ottawa devraient donc se plier aux exigences d’entrée en territoire américain, notamment de détenir un résultat négatif à un test de dépistage de la COVID-19.

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, est aussi en discussion avec les États-Unis pour qu’ils interdisent d’entrée les Canadiens voyageant pour des raisons non-essentielles, ajoute une source fédérale.

Vendredi, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que les quatre principales compagnies aériennes canadiennes (Air Canada, Air Transat, WestJet et Sunwing) ont accepté de suspendre leurs vols vers le Mexique et les Caraïbes. Mais le Bloc québécois a déploré qu’une faille béante demeure : « Il n’y a pas grand-chose qui a changé pour ceux qui tiennent absolument à aller dans le Sud, a écrit le député Xavier Barsalou-Duval dans un communiqué de presse diffusé dimanche. C’est encore tout à fait possible d’aller se faire bronzer à Puerto Vallarta, à Cancún ou à Punta Cana. Il faut simplement acheter ses billets chez United Airlines ou chez Delta au lieu des compagnies aériennes canadiennes. » En Chambre lundi, M. Barsalou-Duval a raillé que cette décision ne ferait que faire perdre des emplois au Canada.

La suspension des vols a débuté ce dimanche. Quant à l’obligation au retour d’un voyage de se placer en quarantaine surveillée dans des hôtels désignés par le gouvernement, elle débutera sous peu. Mais pas ce jeudi, comme l’avait d’abord laissé entendre le ministre des Transports, Omar Alghabra, en fin de semaine. Des détails doivent encore être ficelés, indique-t-on. C’est seulement l’obligation pour tous les vols internationaux de passer par l’un des quatre aéroports désignés (Vancouver, Toronto, Montréal et Calgary) qui entrera en vigueur jeudi. Les voyageurs arrivant à ces quatre aéroports pourront donc prendre leur vol de correspondance pour atteindre leur destination finale. Quand la quarantaine surveillée entrera en vigueur, il devront rester dans ces villes avant de poursuivre leur route.

Précisons qu’on ignore où les voyageurs iront terminer leur quarantaine s’ils reçoivent un test positif à la COVID pendant leur attente de trois jours à l’hôtel. L’Agence de la santé publique du Canada a écrit au Devoir qu’«afin de protéger la vie privée et la sécurité des voyageurs, les emplacements des sites de quarantaine désignés ne sont pas rendus publics». L’Agence laisse entendre qu’il pourra s’agir d’hôtels et donc pas nécessairement d’installations gouvernementales existantes.