Des livraisons de vaccins de Pfizer ralenties temporairement

La ministre Anita Anand a soutenu que ces délais temporaires n’affecteront pas l’objectif du Canada de vacciner l’ensemble de sa population d’ici la fin du mois de septembre.
Photo: Kenzo tribouillard Archives La Presse canadienne La ministre Anita Anand a soutenu que ces délais temporaires n’affecteront pas l’objectif du Canada de vacciner l’ensemble de sa population d’ici la fin du mois de septembre.

Le Canada s’attend à recevoir 50 % de moins de doses de vaccins Pfizer en moyenne pour les quatre prochaines semaines, a annoncé vendredi le major général Dany Fortin, en charge de la distribution au pays.

Ces délais surviennent à l’échelle mondiale alors que la compagnie pharmaceutique doit agrandir son site de production en Europe pour répondre à la demande.

M. Fortin dit que l’impact sera minimal la semaine prochaine, mais que le Canada devrait recevoir seulement le quart des doses prévues dans la dernière semaine de janvier. Par la suite, la moitié des doses prévues devraient être livrées lors de la première semaine de février et les deux tiers des doses prévues arriveront dans la deuxième semaine de février, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse vendredi après-midi.

Il est prévu que le Canada ait accès à 1,4 million doses du vaccin de Pfizer d’ici la fin du mois de mars.

Plus tôt en journée, la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Anita Anand a soutenu que cette situation n’affectera pas l’objectif du Canada de vacciner l’ensemble de sa population d’ici la fin du mois de septembre. Elle dit que cette situation est malheureuse, mais qu’elle était à prévoir alors que la chaîne logistique est sous pression à cause de la demande mondiale en vaccins.

S’exprimant par la suite, le premier ministre, Justin Trudeau, a dit qu’il est normal qu’il y ait des imprévus, mais qu’Ottawa fait tout en son pouvoir pour livrer le plus de doses de vaccins le plus rapidement possible.

Conséquences incertaines au Québec

À Québec, l’impact de ce ralentissement sur l’inoculation de la deuxième dose du vaccin demeurait incertain vendredi. « Il est encore trop tôt pour évaluer l’impact de ce ralentissement temporaire sur nos opérations, a indiqué l’attachée de presse du ministre de la Santé, Christian Dubé. Nous allons continuer les échanges avec le gouvernement fédéral à cet effet. »

« Chose certaine, notre équipe de vaccination est agile et prête à faire face à ce genre de situations », a ajouté Marjaurie Côté-Boileau.

Le gouvernement québécois avait accepté la veille d’assouplir quelque peu sa stratégie de vaccination et de donner la deuxième dose du vaccin dans un délai de 42 à 90 jours à condition qu’il y ait des approvisionnements additionnels. Depuis le 31 décembre, le gouvernement prévoyait administrer cette deuxième injection seulement à la mi-mars, donc 90 jours après la première pour vacciner le plus grand nombre de personnes vulnérables possible.

« Nous devons sauver le plus de personnes possible, avec un nombre très limité de vaccins, a rappelé Mme Côté-Boileau. Le ralentissement temporaire de production de Pfizer ne fait que renforcer ce choix. »

Les fabricants des vaccins contre la COVID-19, Pfizer-BioNTech et Moderna, préconisent plutôt de donner la deuxième dose dans un intervalle de 21 à 28 jours. La ministre fédérale Anita Anand avait affirmé à plusieurs reprises que cette décision pourrait nuire à l’approvisionnement.

Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a recommandé mardi de ne pas dépasser les 42 jours, soit six semaines, entre les deux doses lorsque cette option « s’avère nécessaire » vu la situation épidémiologique.

Québec attendait 34 000 doses du vaccin de Moderna vendredi. Il a obtenu jusqu’à maintenant plus de la moitié des 80 800 doses de vaccins prévues cette semaine, ce qui porte le nombre total de doses reçues depuis le début de la campagne de vaccination à 162 175. Au 13 janvier, 115 704 personnes avaient été vaccinées, soit environ les deux tiers des résidents des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et plus de 25 % du personnel soignant.

Le gouvernement veut commencer à vacciner les personnes dans les résidences privées pour aînés à compter du 25 janvier. Il s’est donné pour objectif de donner une première dose à 250 000 personnes d’ici au 8 février, date prévue pour la fin du couvre-feu et la réouverture des magasins.

Prévisions

L’Agence de la santé publique du Canada présentait vendredi ses plus récentes projections ; il est estimé que le nombre de cas pourrait dépasser 10 000 par jour d’ici le début du mois de février, si les contacts restent au même niveau. Il s’agit environ du même nombre qui était prévu lors de la dernière projection de la santé publique pour le début du mois de janvier. Or, le Canada a plutôt vu 7900 cas en moyenne dans les sept derniers jours.

Les provinces les plus affectées par la hausse des cas ont récemment mis en œuvre des mesures plus strictes. Québec a mis en place un couvre-feu à compter de 20 h tous les jours ; l’Ontario a émis un ordre de rester à la maison.

Les administrateurs de la santé publique ont réitéré, dans leur présentation, que « des mesures rapides, fortes et soutenues sont nécessaires pour interrompre la croissance rapide et maintenir le contrôle de la COVID-19 ».

Ils soutiennent que les contacts ont augmenté pendant la période des Fêtes et qu’il faudra attendre encore un peu avant de voir l’effet des mesures plus strictes du Québec et de l’Ontario sur le nombre de cas.

Le Canada étudie l’option d’interdire de nouveau les vols en provenance de certains pays afin d’éviter la transmission de variants du coronavirus SRAS-CoV-2.

Le premier ministre Trudeau n’a pas indiqué quels pays seraient sur cette liste, se contentant plutôt de dire que son gouvernement ferait « tout ce qu’il faudra » afin de protéger les Canadiens selon les avis des experts.

À la fin décembre, le Canada avait suspendu les vols en provenance du Royaume-Uni en raison d’un nouveau variant là-bas. Cette suspension a été levée début janvier avec l’obligation de présenter un test négatif de COVID-19 pour rentrer au pays.

M. Trudeau a réitéré qu’il était fortement recommandé de ne pas voyager à l’international. Une recommandation qui n’a pas été respectée par certains politiciens, notamment de son propre parti, dans les derniers mois.

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