Justin Trudeau accuse Yves-François Blanchet de faire preuve d’intolérance

Le premier ministre Justin Trudeau fait le point sur la pandémie de COVID-19.
Photo: Sean Kilpatrick Archives La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau fait le point sur la pandémie de COVID-19.

« Inacceptables » et « indignes d’un chef de parti fédéral. » Le premier ministre Justin Trudeau n’a pas mâché ses mots pour dénoncer les propos du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, qui ont laissé entendre que le nouveau ministre des Transports, Omar Alghabra, avait des penchants islamistes.

« J’ai été tellement étonné de voir les propos inacceptables de M. Blanchet. Surtout après la semaine qu’on vient de vivre aux États-Unis, où on voit à quel point des insinuations, des faits qu’on aligne à notre façon, la mésinformation, et cet encouragement de l’intolérance et de la haine, par des propos tout à fait innocents, qui ne veulent rien dire, bien voyons ! » s’est exclamé M. Trudeau dans une rare envolée, après un point de presse qui portait principalement sur la COVID-19 au pays.

« Intolérance cachée »

Dans une communication aux médias au sujet du remaniement ministériel qui couronnait M. Alghabra du titre de ministre des Transports, plus tôt cette semaine, le Bloc québécois affirmait que « des questions se posent sur la proximité du nouveau ministre des Transports, Omar Alghabra, avec le mouvement islamique politique, dont il a été un dirigeant pendant plusieurs années ». Cette phrase était précédée d’un avertissement selon lequel « le chef bloquiste refuse d’accuser qui que ce soit ».

Omar Alghabra a notamment dirigé la Fédération canado-arabe (FCA) durant les années 2000. L’homme a été la cible d’allégations selon lesquelles il était d’accord avec le projet du gouvernement ontarien datant de 2004 de permettre l’instauration de tribunaux islamiques pour trancher les litiges familiaux. Le bureau de M. Alghabra a fermement démenti avoir appuyé l’idée.

Selon le premier ministre Justin Trudeau, l’insinuation de « penchants islamistes » est carrément signe d’intolérance dans les rangs bloquistes. « Cette intolérance cachée, cet encouragement de se soupçonner, n’a pas sa place au Canada et ce n’est pas digne d’un chef de parti fédéral. »

De nombreux groupes et opposants politiques ont sommé Yves-François Blanchet de s’excuser, cette semaine. Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a lui aussi comparé la stratégie bloquiste avec celle du président américain Donald Trump. « Après ce qu’on a vu aux États-Unis, il est plus que jamais important de ne pas s’adonner à des politiques de division sans avancer de preuves », a dit M. Singh.

Dans une déclaration envoyée au Devoir jeudi, Yves-François Blanchet ne s’est pas excusé, mais s’est plutôt défendu d’avoir « soulevé des questions légitimes en démocratie ». Vendredi, son bureau a indiqué qu’il n’avait aucun commentaire supplémentaire à faire, hormis qu’il fait partie du travail d’une opposition de poser ce genre de questions.

Ce n’est pas digne d’un chef de parti fédéral

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