La famille de Meng Wanzhou autorisée à la rejoindre au Canada

La justice américaine accuse Meng Wanzhou d’avoir menti quant aux liens de Huawei avec l’Iran, en violation de l’embargo américain contre ce pays.
Photo: Don MacKinnon Agence France-Presse La justice américaine accuse Meng Wanzhou d’avoir menti quant aux liens de Huawei avec l’Iran, en violation de l’embargo américain contre ce pays.

Le Canada a autorisé le mari et deux enfants de la cadre chinoise de Huawei Meng Wanzhou, en liberté surveillée à Vancouver dans le cadre d’une procédure d’extradition, à venir la rejoindre fin 2020, a-t-on appris mercredi auprès du gouvernement.

Depuis le début de la pandémie, le Canada a fermé ses frontières aux étrangers, à l’exception de certains travailleurs essentiels et pour certains rapprochements familiaux, mais uniquement pour les Canadiens ou les résidents permanents.

Ottawa peut toutefois permettre quelques exceptions pour des familles résidant au Canada sans en être citoyens.

« Les fonctionnaires d’IRCC (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada) ont autorisé la famille de Mme Meng à se rendre au Canada », a déclaré Syrine Khoury, du bureau du ministre des Affaires étrangères dans un courriel transmis à l’AFP.

Le mari de Mme Meng, Liu Xiaozong, est ainsi arrivé au Canada en octobre, suivi des deux enfants en décembre, a révélé une première journée d’audience devant le tribunal de Vancouver mardi.

L’arrestation de Meng Wanzhou, le 1er décembre 2018 à l’aéroport de Vancouver, suivie quelques jours plus tard par la détention en Chine de deux Canadiens accusés d’espionnage, a provoqué une grave crise diplomatique entre Pékin et Ottawa.

La justice américaine accuse Mme Meng d’avoir menti quant aux liens de Huawei avec l’Iran, en violation de l’embargo américain contre ce pays.

Depuis son arrestation, Mme Meng vit en liberté surveillée, avec couvre-feu et bracelet électronique à la cheville, dans une des luxueuses maisons qu’elle possède dans cette ville de l’ouest canadien.

Sa situation contraste avec le sort de deux Canadiens, l’ex-diplomate canadien Michael Kovrig et le consultant Michael Spavor dont la détention est considérée comme une mesure de représailles en Occident.

Les deux hommes sont détenus depuis deux ans dans des prisons en Chine avec pour seul contact avec l’extérieur de rares visites consulaires. Ces dernières avait été suspendues entre janvier et octobre 2020 pour cause de pandémie.

Lors de deux jours d’audience devant la cour suprême de Colombie-Britannique à Vancouver, mardi et mercredi, les avocats de Mme Meng ont demandé à la justice d’assouplir les conditions de la liberté conditionnelle de leur cliente. Elle craint d’être contaminée par le virus en côtoyant chaque jour de nouveaux agents de sécurité.

Doug Maynard, responsable de la société de sécurité en charge de surveiller Mme Meng, a pointé mercredi les risques accrus qu’elle ne tente de s’échapper du Canada dans les prochains mois.

« Selon moi, certains des risques peuvent augmenter », a-t-il estimé à la barre, soulignant par exemple que son bracelet électronique est « tombé en panne » à plusieurs reprises.

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