Ambassadeur des États-Unis au Canada - Paul Cellucci partira au début de l'an prochain

Toronto — Paul Cellucci, l'ambassadeur américain nommé au Canada par George W. Bush, quittera son poste au début de 2005.

Beth Poisson, porte-parole de l'ambassade américaine, a affirmé jeudi au Globe and Mail que l'ancien gouverneur du Massachusetts ne resterait pas pour un second mandat dans l'éventualité où le président des États-Unis, George W. Bush, serait réélu en novembre.

«Il va demeurer en poste jusqu'au terme du premier mandat du président et il partira au début de 2005», a dit Mme Poisson.

Les rumeurs allaient bon train dans le camp républicain comme quoi M. Cellucci pourrait briguer de nouveau les suffrages, particulièrement si John Kerry, sénateur du Massachusetts, devait remporter l'élection présidentielle de l'automne et laisser vacant son siège au Sénat des États-Unis.

Selon Mme Poisson, l'émissaire américain au Canada a déclaré à un journal des États-Unis qu'il n'était pas intéressé par ce poste.

Controverse

En 2001, M. Cellucci a été nommé ambassadeur à Ottawa par George W. Bush. Il a été en poste durant l'une des périodes les plus tumultueuses des relations canado-américaines, marquée par des désaccords sur les questions de sécurité et sur la nécessité d'une guerre contre l'Irak.

L'ambassadeur a d'ailleurs suscité la controverse en affirmant que la décision du Canada de ne pas se joindre à la coalition menée par les États-Unis en sol irakien aurait des conséquences négatives sur les relations des deux voisins nord-américains.

En 2002, M. Cellucci a aussi critiqué l'armée canadienne en rapportant les inquiétudes de Washington concernant la diminution des effectifs militaires du Canada ainsi que la désuétude de l'équipement mis à leur disposition.

Il a aussi contrarié le gouvernement canadien dans l'affaire Maher Arar, un Canadien d'origine syrienne arrêté aux États-Unis puis expulsé vers la Syrie, où il aurait été torturé, selon ses dires. M. Cellucci avait laissé entendre que les représentants des services de renseignement du Canada en avaient été prévenus et qu'ils avaient autorisé cette expulsion, alors que plusieurs ministres ont pourtant nié catégoriquement avoir été informés.

Il n'est pas rare pour un ambassadeur d'être en poste pour la durée d'un mandat présidentiel avant de quitter, souvent pour aller dans le secteur privé. Un ancien assistant de M. Cellucci a expliqué qu'il s'agissait probablement d'une option envisagée par l'ambassadeur, «mais cela serait déplacé s'il cherchait actuellement du travail pendant qu'il est encore en poste».