L'ERAR, une erreur?

Créée en 2002, l'ERAR offre, selon l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), «un dernier filet de sécurité qui évite au pays de renvoyer des gens sur qui pèse une menace précise dans leur pays».

Mais pour ceux qui en font usage, cette mesure est une «coquille vide», analyse l'avocat Denis Girard, une «aberration», selon Stewart Istvanffy, et une «véritable perte de ressource et de temps», dixit Me Joseph W. Allen. Le taux de refus des cas jugés à l'ERAR avoisine les 97 % à l'échelle nationale. «Il n'y a personne qui croit dans l'ERAR, affirme Stewart Istvanffy. C'est de la poudre aux yeux.»

Richard Saint-Pierre, porte-parole de l'ASFC, répond que l'ERAR n'est là que pour juger les faits nouveaux présentés. «Si quelqu'un présente les mêmes documents qu'à l'audience devant la CISR, on ne peut pas l'accepter. Le cadre est contraignant. Il faut que la personne puisse présenter une preuve qu'elle sera spécifiquement en danger dans son pays. On suit les règles, et ça fonctionne comme ça doit fonctionner.»