Nouveaux députés à Ottawa - Comme un retour sur les bancs d'école

Ottawa — Ils étaient auparavant ministre québécois, gardien de but du Canadien de Montréal, premier ministre provincial, animateur de radio ou chef d'entreprise. Hier, ils étaient de retour sur les bancs d'école.

Sagement assis en rangée dans l'une des salles les plus imposantes des édifices parlementaires fédéraux, les nouveaux députés élus participaient à une séance d'orientation, communément appelée «l'école des députés», sur la colline parlementaire à Ottawa.

L'air studieux et sérieux des «élèves» qui déteignait sur l'atmosphère était loin de rappeler les premières journées d'école bruyantes et brouillonnes de l'enfance. À peine sentait-on la nervosité chez certains.

«Je me sens comme à ma première joute de hockey pour le Canadien, à mon premier camp d'entraînement», confiait le nouveau député libéral Ken Dryden, qui a fait sa marque en gardant les buts du Tricolore dans les années 1970.

107 nouveaux

Au total, 107 nouveaux députés feront leur entrée officielle à la Chambre des communes le 4 octobre, à la reprise des travaux parlementaires. Le plus fort contingent provient des conservateurs (41 députés), suivi des libéraux (31), du Bloc québécois (26) et du NPD (9).

Ex-ministre du gouvernement péquiste, Serge Ménard n'aurait pas raté la journée, peu importe son expérience acquise à l'Assemblée nationale. «Je tenais à venir à cette session, d'abord parce que c'est utile de bien partir dans n'importe quoi», expliquait le nouveau député fédéral de la région de Laval, avant que la séance ne commence.

S'il sait qu'il pourra mettre à profit «l'expérience de la vie politique», M. Ménard est conscient que le quotidien qui l'attend à Ottawa sera différent de celui de Québec. Non seulement il y vivra une «activité totalement différente», n'étant pas ministre, mais les Communes représentent «une plus grande diversité». «Il faut parler anglais plus souvent», ajoutait M. Ménard, sourire en coin.

La séance d'orientation commençait justement par les explications essentielles sur la façon dont fonctionnent les services d'interprétation sur la colline. Suivait une allocution du commissaire à l'éthique, Bernard Shapiro, sur les règles d'éthique, un sujet que tout nouveau député doit bien connaître pour éviter les conflits d'intérêts.

Des députés vétérans de tous les partis ont aussi été mis à contribution pour aider les recrues à bien organiser leurs bureaux et à savoir faire face aux répercussions de la vie politique sur la vie familiale.

Trucs et conseils

Interrogés alors qu'ils s'apprêtaient à entrer dans la salle de réunion, ces vétérans des Communes offraient généreusement leurs conseils et trucs de survie.

Le député bloquiste Réal Ménard répète le conseil que lui avait donné René Lévesque. «En politique, on ne peut pas toujours dire ce qu'on pense, mais il ne faut jamais dire le contraire. Si on veut passer à travers deux, trois ou quatre ans ici, c'est le premier conseil que je vais leur donner», indiquait Réal Ménard, ajoutant que le bureau de comté se devait aussi d'être efficace et accueillant.

Quant à la survie de ces nouveaux députés à Ottawa, elle passerait par divers trucs. «Méfiez-vous des micros», a lancé le député conservateur John Reynolds, en boutade.

«Liez-vous d'amitié avec un ou deux bons collègues et allez au gymnase régulièrement», a renchéri Réal Ménard.

«Faire confiance au whip ou au leader d'un parti, en général, c'est la meilleure recette pour réussir», a lâché pour sa part Michel Gauthier, leader du Bloc québécois, exprimant sans aucun doute un souhait.