Joli casse-tête pour le premier ministre - Martin dévoilera mardi la composition de son nouveau cabinet

Paul Martin
Photo: Paul Martin

Ottawa — La fin de semaine risque d'être longue, et peut-être décevante, pour de nombreux députés et ministres libéraux qui entretiennent l'espoir d'être du prochain cabinet que Paul Martin dévoilera mardi.

Trois semaines après le scrutin qui a porté au pouvoir un gouvernement libéral minoritaire, M. Martin lèvera le voile sur la composition de son équipe. Le premier ministre mettra fin au suspense qui alimente bien des rumeurs mardi, vers 10h, lors de la cérémonie d'assermentation qui se déroulera à la résidence de la gouverneure générale, comme le veut la tradition.

Six ministres, dont la ministre du Patrimoine Hélène Chalifour Scherrer, le ministre de la Défense David Pratt et le ministre de l'Agriculture Bob Speller, ont mordu la poussière le 28 juin dernier. M. Martin aurait pu se contenter de les remplacer, mais on s'attend plutôt à des changements importants, gouvernement minoritaire oblige.

Leader parlementaire

Ainsi, M. Martin doit porter une attention toute particulière au poste de leader du gouvernement en Chambre, un poste qui était peu considéré pendant les années de majorité libérale. La fragilité du gouvernement obligera le premier ministre à y réfléchir deux fois avant d'arrêter son choix pour ce travail de chef d'orchestre des travaux parlementaires.

Les rumeurs pointent sans relâche vers l'actuel ministre des Finances, Ralph Goodale, pour s'acquitter de cette tâche. Homme fort de Paul Martin, fidèle de la première heure et politicien rigoureux, M. Goodale a déjà fait un passage rapide de quelques mois, en 2002, dans ce poste qu'il n'aurait pas vraiment apprécié.

Il préférerait conserver son portefeuille des Finances, chuchote-t-on en coulisses.

Interrogé sur le rôle du leader du gouvernement, M. Martin indiquait mercredi que «l'importance du leader ne fait aucun doute dans un gouvernement minoritaire, mais le ministre des Finances est tout aussi important».

Outre M. Goodale, l'autre proche collaborateur de M. Martin, l'Albertaine Anne McLellan, est assurée d'un poste bien en vue. Certaines rumeurs envoient la ministre de la Sécurité publique aux Finances, si le poste se libère.

Parmi les nouveaux venus, on s'attend à ce que le premier ministre fasse une place dans son cabinet à Ken Dryden, l'ancien gardien de but du Canadien de Montréal. D'autres recrues-vedettes élues lors des dernières élections obtiendront probablement des promotions: l'ex-premier ministre de la Colombie-Britannique Ujjal Dosanjh et le lieutenant politique du Québec Jean Lapierre seront du nombre.

Québec

Du côté québécois, tout indique qu'il ne devrait pas y avoir de grands changements puisque les Liza Frulla, Pierre Pettigrew, Denis Coderre, Lucienne Robillard et Jacques Saada devraient conserver leur limousine.

Un seul point d'interrogation demeure. Est-ce que Stéphane Dion, un fidèle supporteur de Jean Chrétien, sera réinvité au sein du cabinet? Plusieurs libéraux croient que M. Martin devrait agir ainsi pour lancer un message de réconciliation aux troupes libérales, encore divisées par l'affrontement Chrétien-Martin.

D'autres sont convaincus que le retour de M. Dion, le père de la loi sur la clarté référendaire, enverrait cependant un curieux message au Québec, une province où les libéraux ont subi une raclée lors du scrutin, terminant la course avec 21 sièges loin derrière le Bloc québécois.

Le casse-tête de la représentation régionale au cabinet pourrait aussi donner bien des maux de tête au premier ministre, puisque tous ses ministres du Québec représentent la région montréalaise.

S'il cède à de telles considérations, le choix se limite à deux candidats: Claude Drouin, député de Beauce qui a déjà eu la responsabilité de la section québécoise de Développement économique Canada sous Jean Chrétien, et Denis Paradis, actuel ministre d'État aux Institutions financières et député de la circonscription de Brome-Missisquoi.