Le Campus Saint-Jean est préservé, mais son financement demeure incertain

Il faudra s’attendre dans les prochains mois à des discussions très serrées, pour que le Campus Saint-Jean puisse maintenir le contrôle de sa recherche et de ses programmes d’études supérieures.
Photo: Campus Saint-Jean Il faudra s’attendre dans les prochains mois à des discussions très serrées, pour que le Campus Saint-Jean puisse maintenir le contrôle de sa recherche et de ses programmes d’études supérieures.

À la suite des coupes budgétaires dans le secteur post-secondaire en Alberta, le Conseil général des facultés de l’Université de l’Alberta s’est prononcé sur le modèle de restructuration académique des 18 facultés de l’Université de l’Alberta. L’autonomie du Campus Saint-Jean est préservée, mais sans financement adéquat, l’avenir s’annonce incertain.

Le Conseil général des facultés de l’Université de l’Alberta a trouvé un terrain d’entente ce lundi 7 décembre, afin de restructurer ses 18 facultés. Le seul centre d'éducation supérieure en français dans l'Ouest conserve son autonomie, mais la question du sous-financement demeure une question majeure, voire un objet d’inquiétude.

Une goutte d’eau dans l’océan, c’est du moins l’impression que donnait le Campus Saint-Jean face au gigantisme qu’incarne la restructuration administrative et académique de l’Université de l’Alberta. Face aux coupes budgétaires imposées par le gouvernement de Jason Kenney, l’Université de l’Alberta n’avait guère le choix. L’enjeu : réaliser des économies d’échelle.

Un bouleversement pour tous, tant pour ses représentants, que ses étudiants, mais aussi pour la communauté francophone. Quelle incidence ces changements auront-ils pour le Campus Saint-Jean, seul centre d’éducation supérieure en français dans l’Ouest canadien ?

Un modèle pour tous ?

Pendant quatre heures et demie de discussions intenses, d’amendements et de contre-amendements, les débats ont fini par aboutir à un accord.

La veille, près de 400 personnes s’étaient connectées sur le lien YouTube, afin de suivre le déroulement de la réunion, et le suivi des votes par les membres des 18 facultés, présidé par Bill Flanagan, président de l’Université de l’Alberta.

Cette restructuration touche deux aspects majeurs, l’un administratif, l’autre pédagogique. La veille, c’était sa restructuration pédagogique dont il était question.

L’Université de l’Alberta en cherchant à réorganiser ses 18 facultés, en est arrivée à les rassembler d’un côté en trois grands collèges, et de l’autre en trois facultés autonomes à vocation communautaire selon l’université, comme : le Campus Saint-Jean, le Campus d’Augustana et Native Studies

Qu’est-ce que cela signifie ?

Ces trois Collèges seront regroupés en trois secteurs distincts, tels que : les Sciences de la Santé (FoMD, Nursing, Rehab Medicine, Public Health, Pharmacy, KSR) ; les Sciences naturelles et appliquées (Science, ALES, ENG) ; et les Sciences humaines et sociales (Arts, Education, Law, Business).

En parallèle, chaque Faculté (Campus Saint-Jean, le Campus d’Augustana et Native Studies), conservera son identité et le contrôle de ses programmes.


Cependant, on ignore si le contrôle des programmes inclura ou non les études supérieures et le domaine de la recherche ?

Selon nos sources, il faudra s’attendre dans les prochains mois à des discussions très serrées, pour que le Campus Saint-Jean puisse maintenir le contrôle de sa recherche et de ses programmes d’études supérieures.

La répartition des rôles et des titres change aussi. À la suite de la réunion, il a été décidé de ne pas nommer des doyens exécutifs, mais bien des gestionnaires. Tous ces changements permettront-ils de faire des économies ? Dans un document présenté sur le site de l’Université de l’Alberta, ce nouveau modèle représente après estimation une économie de 31 847 847 $ sur un budget global de 132 388 382 $. 

Toujours selon nos sources, la très grosse partie des économies se fera sur les plus petits salaires à savoir, le personnel administratif, plutôt que sur les salaires plus élevés, de 150 000 à 200 000 $ annuels.


« Les services essentiels pour les étudiants seront plus difficiles, on parlera à des messageries vocales », déplore Rowan Ley, vice-président de l’Université du syndicat des étudiants de l’Alberta et président du conseil des étudiants de l’Université de l’Alberta.

Le Campus Saint-Jean autonome, mais toujours sous-financé

De son côté, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) s’était déjà exprimée, le 20 novembre dans un communiqué exprimant son soulagement, à la suite de la présentation des trois scénarios révisés et proposés par l’Université de l’Alberta, préservant alors l’autonomie et le caractère distinctif du Campus Saint-Jean.

Aujourd’hui, l’ACFA exprime une certaine satisfaction à l’issue des décisions prises la veille : « Nous sommes satisfaits, car le modèle des collèges accorde un statut de faculté autonome au Campus Saint-Jean », exprime sa présidente, Sheila Risbud.

Cependant, une question demeure au cœur des préoccupations concernant l’avenir de la Faculté Saint-Jean. « La question du grave sous-financement opérationnel et structurel chronique auquel fait face le CSJ depuis des années et pour laquelle l’ACFA a entamé un recours judiciaire, contre le gouvernement de l’Alberta et l’Université de l’Alberta, le 17 août dernier », exprime Sheila Risbud

À cette question, nul ne possède encore la réponse. Le Campus Saint-Jean est actuellement au centre d’une action en justice intentée par l’Association canadienne-française de l’Alberta contre l’Université de l’Alberta à ce sujet.

En attendant, ce vendredi 11 décembre, les recommandations du Conseil général des facultés de l’Université de l’Alberta devront encore être entérinées par le Bureau des Gouverneurs.

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