Emmanuella Lambropoulos quitte le comité sur les langues officielles

La députée libérale de la circonscription fédérale de Saint-Laurent, Emmanuella Lambropoulos
Photo: Sean Kilpatrick Archives La Presse canadienne La députée libérale de la circonscription fédérale de Saint-Laurent, Emmanuella Lambropoulos

La députée libérale fédérale Emmanuella Lambropoulos quitte son poste au sein comité sur les langues officielles après des propos unanimement condamnés à Ottawa doutant du recul du français au Québec.

« J’aimerais vous informer, M. le président, de ma volonté de quitter mes fonctions à la fin de cette rencontre. Soyez assurés que je ferai tout pour arrêter le déclin de la langue française au Québec, tout en protégeant les droits de la communauté anglophone », a déclaré la députée de Saint-Laurent, en pleine réunion du comité, jeudi.

Emmanuella Lambropoulos a ainsi mis fin à une spéculation sur son avenir au sein du comité qui doit veiller à la défense des minorités linguistiques au Canada. Sa démission était réclamée par l’opposition conservatrice et les néodémocrates.

Vendredi, la députée de 30 ans a demandé, en anglais, de « voir des preuves » de la baisse du français au Québec, d’un ton désinvolte. Elle avait notamment mimé des guillemets avec ses mains au moment de mentionner le « déclin » de la langue. Son intervention a soulevé énormément d’indignation, notamment au sein de ses propres collègues. La ministre responsable des langues officielles, Mélanie Joly, s’est par exemple dissociée de ces propos.

Propos embarrassants

Des sources proches du caucus libéral ont confié que les propos de Mme Lambropoulos étaient particulièrement embarrassants pour le gouvernement Trudeau, qui tente de mettre de l’avant un changement de ton sur cet enjeu. Le dernier discours du trône, par exemple, a souligné la responsabilité de protéger et de promouvoir le français au Québec, et non seulement le français hors Québec. Mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a également dit appuyer la loi 101 « dans ce qu’elle fait au Québec. »

L’incident a mis en doute la sincérité du gouvernement sur l’enjeu de la protection du français, de l’avis des partis d’opposition, qui y ont vu une preuve de l’insensibilité des libéraux quant à la langue commune du Québec.

L’opposition satisfaite

« Suite aux pressions du Parti conservateur, la députée Emmanuella Lambropoulos annonce qu’elle va démissionner du comité des langues officielles », s’est félicité sur Twitter le député conservateur Alain Rayes.

« Nous espérons qu’elle soit remplacée par quelqu’un qui se soucie davantage de la situation du français au Québec et chez les minorités francophones », a déclaré le bloquiste Mario Beaulieu, qui siège également au Comité permanent des langues officielles :

Mercredi, une motion du Nouveau Parti démocrate stipulant que « la situation du français est toujours fragile, que l’usage du français est en déclin au Québec et au Canada » a été adoptée à l’unanimité.

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