Le français ne deviendra pas une exigence pour obtenir la citoyenneté depuis le Québec

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois
Photo: Adrian Wyld Archives La Presse canadienne Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Même avec l’appui des conservateurs, le projet de loi bloquiste qui vise à exiger une « connaissance suffisante » du français pour les candidats à la citoyenneté canadienne installés au Québec sera vraisemblablement battu en Chambre, rejeté tant par les libéraux que par les néo-démocrates.

À quelques heures du premier débat sur le projet de loi C-223, tout indique que les libéraux fédéraux n’ont aucune envie de modifier la Loi sur la citoyenneté pour lui ajouter l’exigence du français pour les résidents permanents demeurant au Québec qui souhaitent devenir citoyens.

Une source libérale bien au fait du dossier a confirmé que la position libérale n’a pas changé depuis que des élus de ce parti ont tué dans l’œuf une version précédente de cette proposition avant même un débat en Chambre, il y a deux ans, alors que les libéraux disposaient d’une majorité au Parlement.

Par courriel, le bureau du ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marco Mendicino, a vanté les efforts du gouvernement pour soutenir l’immigration francophone.

Opposition divisée

Le Bloc peut quand même faire adopter un projet de loi s’il obtient l’appui de tous les partis d’opposition, étant donné la situation de gouvernement minoritaire. Or, les néo-démocrates n’entendent pas voter en faveur de ce nouveau critère linguistique, contrairement aux conservateurs.

« A priori, on voit ça d’un bon œil », a évoqué le député conservateur Alain Rayes, mercredi soir. Son parti, dit-il, a une « opinion favorable » envers ce genre de mesures destinées à protéger le fait français au Québec.

À l’opposé, le NPD est d’avis que le projet de loi C-223 aurait pour conséquence de diviser plutôt que de rassembler. Le parti propose plutôt d’augmenter le financement destiné à la francisation des immigrants.

« Au lieu d’offrir aux nouveaux arrivants les outils et les investissements nécessaires pour apprendre le français, le Bloc opte pour une approche qui divise et qui exclut les nouveaux arrivants », a expliqué le chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice, dans un courriel.

Le député fédéral de Rosemont–La Petite-Patrie a déposé mercredi soir à la Chambre des communes une motion reconnaissant que « la situation du français est toujours fragile, que l’usage du français est en déclin au Québec et au Canada ». Le texte demande à Ottawa de mettre sur pied un plan d’action pour « mieux protéger et mieux promouvoir le français, au Québec et au Canada ». La motion a été adoptée à l’unanimité.

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