La directrice du PLC au Québec revient sur ses propos

Dans un message publié sur Twitter, la directrice du PLC au Québec, Chelsea Craig, avait écrit que la loi 101 était «oppressive» et qu’elle aurait «gâché» l’éducation en langue anglaise au Québec.
Photo: Page Facebook de Chelsea Craig Dans un message publié sur Twitter, la directrice du PLC au Québec, Chelsea Craig, avait écrit que la loi 101 était «oppressive» et qu’elle aurait «gâché» l’éducation en langue anglaise au Québec.

Une autre libérale fédérale a tenté de rectifier le tir après des propos qualifiés d’« irrespectueux » sur la situation de la langue française au Québec.

Après les remous créés par la députée libérale Emmanuella Lambropoulos il y a quelques jours, voilà qu’un ancien gazouillis de la directrice du Parti libéral du Canada (PLC) au Québec, Chelsea Craig, est venu embarrasser son parti, mercredi.

Mme Craig avait indiqué sur Twitter en septembre dernier, selon une capture d’écran relayée par Québecor Média, que la loi 101 était « oppressive » et qu’elle aurait « gâché » l’éducation en langue anglaise au Québec.

La publication originale sur Twitter est maintenant introuvable.

Après avoir refusé de s’expliquer lorsqu’elle a été jointe au téléphone et par message texte par La Presse canadienne, Mme Craig a publié mercredi après-midi un nouveau message sur Twitter pour tenter d’étouffer l’affaire.

« Je veux être claire : 1) le français recule au Québec et il faut le protéger 2) la loi 101 est importante 3) c’est important de pouvoir se faire servir en français au Québec incluant à Montréal », a-t-elle écrit.

Puis, un porte-parole du PLC s’est empressé de faire suivre une déclaration écrite pour vanter les réalisations de son parti pour la défense du français. « Le Parti libéral du Canada est le parti de Laurier, de la Charte, de la Loi sur les langues officielles, et le premier à reconnaître que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer dans la protection du français au Québec », a énuméré Matteo Rossi dans un courriel.

Les propos de Mme Craig arrivent quelques jours après que la députée libérale de Saint-Laurent, Emmanuella Lambropoulos, a été obligée de s’excuser sur Twitter.

Mme Lambropoulos avait mis en doute l’existence du déclin du français au Québec lors d’une rencontre virtuelle du comité permanent des langues officielles la semaine dernière. Ses propos ont été dénoncés par la ministre Mélanie Joly, entre autres.

Malgré leurs rétractations publiques, Mmes Lambropoulos et Craig ont alimenté les attaques de l’opposition lors de la période de questions de mercredi. Pour une troisième journée d’affilée, le Bloc québécois et le Parti conservateur se sont empressés de bombarder le gouvernement Trudeau de questions sur le fait français.

« Ça n’a aucun sens », s’est indigné le conservateur Alain Rayes, lors de la période de questions mercredi après-midi. « Est-ce que le premier ministre va condamner immédiatement ses propos irrespectueux […], oui ou non ? »

« Est-ce que le premier ministre du Canada croit que la loi 101 est “oppressive” à l’endroit des Anglais du Québec ? » a lancé le chef bloquiste Yves-François Blanchet à Justin Trudeau lors de la période des questions.

« Nous reconnaissons que pour que le Canada soit bilingue, le Québec doit être d’abord et avant tout francophone et c’est pour ça qu’on appuie la loi 101 », a répliqué M. Trudeau.

Alexandre Boulerice, seul député québécois du Nouveau Parti démocratique, a plutôt fait adopter une motion à l’unanimité. Elle a été accueillie avec de timides applaudissements à la Chambre des communes.

« Que la Chambre reconnaisse que la situation du français est toujours fragile, que l’usage du français est en déclin au Québec et au Canada et demande au gouvernement de s’engager à mettre sur pied un plan d’action en collaboration avec les provinces et les territoires afin de protéger et mieux promouvoir le français, au Québec et au Canada », peut-on lire.

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