Andrew Scheer rappelé à l’ordre par son successeur

Le chef sortant du Parti conservateur, Andrew Scheer
Photo: Adrian Wyld Archives La Presse canadienne Le chef sortant du Parti conservateur, Andrew Scheer

Le chef sortant du Parti conservateur, Andrew Scheer, est rappelé à l’ordre par son nouveau patron, qui lui reproche d’avoir embauché sa belle-sœur à son bureau de circonscription. Erin O’Toole s’est entretenu mardi avec celui qui est redevenu simple député pour lui rappeler qu’il faut parfois aller au-delà du simple respect des règles pour faire preuve d’éthique.

Le Globe and Mail a révélé mardi qu’Andrew Scheer a embauché la sœur de son épouse, Erica Honoway, à son bureau de circonscription à Regina. En retour, Mme Honoway a embauché sa sœur, Jill Scheer, dans son entreprise de décoration intérieure. Les deux femmes occupent ces postes à temps partiel. Le NPD a dénoncé ce qu’il considère comme un « échange de bon procédé », une façon pour M. Scheer de rémunérer son épouse en passant par l’entreprise de sa sœur.

Les députés disposent d’une grande latitude dans l’embauche de leur personnel parlementaire et politique, dont le salaire est assumé par la Chambre des communes. Ils n’ont pas le droit d’embaucher un membre de leur famille immédiate, mais une belle-sœur n’est pas considérée comme de la famille immédiate. D’ailleurs, en réponse au Globe and Mail, le bureau de M. Scheer a indiqué avait fait préapprouver l’embauche d’Erica Honoway par l’administration de la Chambre des communes.

Qu’à cela ne tienne. Le chef conservateur Erin O’Toole pense que le sens éthique commande parfois de surpasser les règles. « Il a respecté la règle et a été transparent, a reconnu M. O’Toole en point de presse. Mais je lui parlerai de mes attentes qui vont au-delà de cela parce qu’après la démission de Bill Morneau, qui fait l’objet de deux enquêtes en éthique, et parce que le premier ministre a fait l’objet de trois enquêtes, et parce que d’autres ministres ont été visés aussi, les Canadiens s’attendent à mieux et méritent mieux, et je vais exiger cela de mon équipe. »

M. O’Toole a soutenu qu’il ignorait la situation d’Andrew Scheer et en a pris connaissance seulement lundi soir. En tant qu’ancien président de la Chambre des communes, M. Scheer présidait le Comité de régie interne de la Chambre des communes qui a adopté les règles sur l’embauche. M. Scheer a congédié sa belle-soeur mardi.

La sortie de cette nouvelle survient à un bien mauvais moment : l’opposition, dont les conservateurs, s’attaque aux libéraux parce qu’une d’entre eux, la députée torontoise Yasmin Ratansi, embauchait depuis plus de trois ans sa sœur malgré le règlement l’interdisant. Elle se savait dans l’irrégularité puisqu’elle demandait à sa sœur de se cacher (parfois sous un bureau) lorsque quelqu’un susceptible de la reconnaître venait au bureau. Sa sœur devait utiliser un autre prénom au bureau et l’équipe de la députée avait pour consigne de ne pas faire état des liens familiaux entre les deux femmes. Mme Ratansi a quitté le caucus libéral lorsque l’information a été divulguée par CBC.

O’Toole appelle à l’unité

Le chef conservateur, Erin O’Toole, invite les électeurs de l’Ouest à ne pas succomber aux charmes du nouveau parti de contestation qui vient de voir le jour, le Maverick Party, et qui est dirigé par un ancien réformiste, Jay Hill.

 

Dans les années 1990, le Reform Party avait contribué à la division du vote de droite et facilité le maintien au pouvoir des libéraux de Jean Chrétien pendant trois majorités consécutives. M. O’Toole espère que l’histoire ne se répétera pas. « C’est important que toutes les voix dans l’Ouest travaillent ensemble contre le gouvernement Trudeau, a-t-il dit. J’ai parlé cet été de ça avec M. Hill. Et on doit apprendre les leçons de quand la droite était fracturée entre le Parti conservateur progressiste et le Reform Party. »

 

M. O’Toole a pris la peine de mentionner que M. Hill faisait partie de la famille conservatrice jusqu’à très récemment puisqu’il a pu voter à la chefferie cet été. « M. Hill a voté pour moi comme chef du Parti conservateur. »

Hélène Buzzetti

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Hélène Buzzetti