L’ambassadeur chinois refuse de s’expliquer à Ottawa

Jeudi, le gouvernement Trudeau a annoncé qu’il faciliterait l’entrée au Canada et l’obtention de la résidence permanente pour certains jeunes Hongkongais récemment diplômés.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Jeudi, le gouvernement Trudeau a annoncé qu’il faciliterait l’entrée au Canada et l’obtention de la résidence permanente pour certains jeunes Hongkongais récemment diplômés.

L’ambassadeur de Chine au Canada ne souhaite pas rencontrer les élus fédéraux membres du Comité spécial chargés d’améliorer les relations entre les deux pays. Le diplomate a décliné l’invitation d’y comparaître en octobre, autre preuve des vives tensions entre Pékin et Ottawa.

« Le Comité spécial a invité l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Canada à comparaître comme témoin à sa réunion du 26 octobre 2020, mais a appris avec regret que l’ambassadeur déclinait cette invitation », a émis vendredi la greffière du comité spécial sur les relations sino-canadiennes, Marie-France Lafleur.

Cette invitation survenait quelques jours à peine après la tenue d’une conférence de presse à l’ambassade de Chine, à Ottawa, dans laquelle l’ambassadeur Cong Peiwu a mis en garde le gouvernement canadien contre l’idée d’accueillir des réfugiés de Hong Kong, qualifiés de « violents criminels ». Après d’importantes manifestations depuis l’an dernier, Hong Kong traverse une crise politique encore plus aiguë cette semaine, suivant la démission de tous les députés pro-démocratie de son parlement. Cela a encore renforcé la prise de contrôle de l’archipel par le régime de Pékin.

Jeudi, le gouvernement Trudeau a annoncé qu’il faciliterait l’entrée au Canada et l’obtention de la résidence permanente pour certains jeunes Hongkongais récemment diplômés, tout en précisant que les accusations que pourrait porter la Chine en vertu de ses lois liberticides ne seraient pas reconnues au Canada. De l’avis de groupes canadiens de défense des droits à Hong Kong, cette mesure laisse toutefois de côté les « citoyens ordinaires » tentés de se tourner vers le Canada pour y trouver l’asile.

Le comité spécialisé de la Chambre des communes espère toujours que l’ambassadeur de Chine accepte l’invitation à un autre moment. « Le Comité spécial estime qu’une rencontre, préférablement officielle et publique, est le moyen le plus approprié pour que l’ambassadeur clarifie ses déclarations antérieures et présente le point de vue de son gouvernement sur les relations sino-canadiennes en général, et sur la situation à Hong Kong en particulier », peut-on lire dans le communiqué envoyé aux médias.

Le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes a été créé par le Parlement canadien pour tenir des audiences sur les relations entre la Chine et le Canada, comme les relations consulaires, économiques et diplomatiques, ou encore le sur les questions de droit et de sécurité.

L’ambassade de Chine au Canada n’a pas répondu aux questions du Devoir, jeudi.